Occupation pacifique de l'annexe du tribunal de Nîmes par les avocats
Ce lundi midi, les avocats ont occupé pacifiquement l'annexe du tribunal judiciaire de Nîmes, située avenue Feuchères. Cette action de protestation vise à dénoncer la fermeture des locaux entre 12 heures et 13 heures 30, ainsi qu'à partir de 16 heures 30, en raison d'un manque criant d'effectifs pour assurer la sécurité des lieux.
Une situation critique pour la justice civile
Les avocats expriment une profonde inquiétude face à cette situation qu'ils qualifient de critique. L'annexe accueille désormais tout le contentieux du droit de la famille, précédemment traité au palais de justice de Nîmes. Ce déménagement a été réalisé en raison de l'insuffisance de place dans le bâtiment principal. Cependant, les professionnels du droit soulignent que toutes les requêtes déposées depuis septembre 2025 n'ont pas été audiencées à cause de ce transfert.
Un avocat présent sur les lieux a déclaré : "Ce sont des dossiers qui concernent le contentieux des divorces, des gardes d'enfants. Des dossiers qui touchent à l'humain et qui nécessitent du temps." Il a ajouté que la fermeture anticipée à 16 heures 30, pour les mêmes raisons de sécurité, aggrave considérablement les retards dans le traitement des affaires.
Impact direct sur les justiciables
Les conséquences de ces fermetures sont palpables pour les usagers de la justice. Un justiciable, présent depuis 8 heures 30, a témoigné de son inquiétude : "Et sur le rôle, j'ai vu qu'il y avait 14 dossiers." Cette accumulation de dossiers non traités illustre les dysfonctionnements qui pénalisent les citoyens dans leurs démarches quotidiennes.
Les avocats rappellent avec force que la justice civile est la justice du quotidien. Contrairement au pénal, souvent priorisé, le civil concerne des affaires essentielles comme les divorces ou les droits de garde, qui exigent une attention particulière et des délais raisonnables. Un avocat a résumé la situation en affirmant : "Les civilistes sont les satellites et les parents pauvres de la justice."
Réactions institutionnelles et perspectives
Face à cette mobilisation, la bâtonnière du barreau de Nîmes, Séverine Moulis, a rencontré la présidente du tribunal judiciaire de Nîmes, Claire Gadat. Les protestations des avocats ont également été transmises au vice-président de la cour d'appel de Nîmes, Eric Bienko Vel Bienek, qui occupe également le poste de premier président de la cour d'appel de Nîmes.
Cette occupation pacifique met en lumière les difficultés structurelles auxquelles est confrontée la justice dans la région. Le manque d'agents de sécurité, avec seulement un seul agent présent ce lundi, entraîne des fermetures intempestives qui perturbent le fonctionnement normal des tribunaux. Les avocats espèrent que cette action permettra d'attirer l'attention des autorités sur l'urgence de renforcer les moyens alloués à la justice civile, afin de garantir un service public efficace et accessible à tous les justiciables.



