Les avocats d'Agen entrent en grève pour protester contre la réforme de la justice criminelle
Ce mardi 31 mars, les avocats du barreau d'Agen, réunis en assemblée générale, ont décidé de se mettre en grève. Ce mouvement de protestation, qui s'inscrit dans le sillage de nombreux autres barreaux dont celui de Paris, durera jusqu'au 14 avril. Plus d'une centaine de professionnels du droit participeront à cette action, qui concernera spécifiquement les missions liées à l'activité pénale des avocats.
Un mouvement qui paralyse les activités pénales
La grève affectera notamment l'assistance des parties lors des comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité et des comparutions immédiates. Les avocats d'Agen estiment que cette réforme, présentée en Conseil des ministres le 18 mars 2026, porte atteinte aux fondements mêmes de la justice pénale française.
Les droits de la défense mis à mal
Dans un communiqué détaillé, le bâtonnier d'Agen, David Llamas, a explicitement exposé les raisons de la colère des professionnels de justice. « Le projet de loi sur 'la justice criminelle et le respect des victimes' prévoit la création d'une procédure de jugement des crimes reconnus, assimilable à un plaider-coupable criminel », explique-t-il. Cette nouvelle procédure inclurait un plafonnement de la peine potentielle aux deux tiers de celle encourue pour les faits poursuivis.
David Llamas alerte sur les conséquences dramatiques de ce projet pour les justiciables : « Ce projet affecte les droits de la défense et la recherche de la vérité judiciaire ». Il souligne également que cette réforme affaiblit la place des victimes, qui se trouveraient privées d'un espace d'expression et de reconnaissance, ainsi que de la fonction symbolique et réparatrice du procès.
Une mobilisation nationale qui prend de l'ampleur
Le mouvement de grève initié à Agen s'inscrit dans un contexte de mobilisation nationale des avocats contre cette réforme controversée. Les professionnels du droit dénoncent unanimement ce qu'ils considèrent comme une remise en cause des principes fondamentaux de la procédure pénale française. La durée exceptionnelle de cette grève – près de deux semaines – témoigne de la détermination des avocats à faire entendre leur voix et à défendre les droits de la défense, qu'ils estiment gravement menacés par ce projet législatif.



