Un procès correctionnel à Bergerac impliquant un ancien maire et une association d'enfants placés
Le tribunal correctionnel de Bergerac a examiné, mardi 17 mars, une affaire de détournement présumé de fonds au sein de l'association Chemins d'enfances en Périgord. Cette structure, qui prend en charge des enfants placés, s'oppose à son ancien directeur, Dominique Rousseau, également ancien maire de Bergerac, et à son ancienne comptable. L'association évalue son préjudice à plus de 463 000 euros et a porté l'affaire en citation directe, le parquet ayant initialement classé l'affaire sans suite.
Les accusations et la défense dans cette affaire complexe
Selon l'association, les deux anciens salariés auraient détourné de l'argent, notamment via une indemnité transactionnelle non formalisée par écrit et des placements sur des comptes épargne retraite au régime social et fiscal non conforme. L'avocate de l'association, Me Raynaud de Fitte, affirme que la comptable a cherché à masquer des fonds détournés, portant préjudice à l'association, ses salariés et les enfants placés.
En défense, Me Gonthier a dénoncé une situation cauchemardesque pour ses clients, victimes selon lui de bas règlements de compte. Il a souligné que ses clients n'ont rien fait d'illégal, que l'association avait les moyens de contrôler leurs actions, et qu'ils ont rendu l'indemnité contestée. Dominique Rousseau et l'ancienne comptable insistent sur leur souci de l'argent public et des enfants, et réclament chacun 30 000 euros pour préjudice moral.
Contexte et spécificités de l'affaire
L'affaire remonte à 2018, lorsque les deux salariés ont pris leur retraite après des conflits avec le conseil d'administration, présidé depuis 2016 par Serge Pradier, également maire de La Force. Ils ont perçu des indemnités de départ et des produits d'épargne retraite, qu'ils estiment légaux car compensant des jours de congé non pris. La procédure en citation directe, rare, permet à une victime de saisir directement le tribunal pénal.
Le tribunal a mis l'affaire en délibéré, avec une décision attendue le 19 mai à 13h30. Cette affaire met en lumière les tensions au sein d'une association cruciale pour l'aide sociale à l'enfance en Dordogne, financée par le Département, et soulève des questions sur la gestion des fonds publics dans le secteur associatif.



