Air France confrontée aux prud'hommes pour une affaire d'agression sexuelle présumée
La compagnie aérienne Air France a comparu, ce lundi, devant le conseil de prud'hommes de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Une hôtesse de l'air accuse l'entreprise d'avoir tenté de la dissuader d'engager des poursuites judiciaires pour agression sexuelle par un collègue steward, selon des informations rapportées par France Info.
Les faits remontent à un vol Paris-Rabat en décembre 2019
Les événements se sont déroulés en décembre 2019, après un vol reliant Paris à Rabat. Durant une soirée organisée à l'hôtel, un steward aurait touché l'hôtesse de l'air à plusieurs reprises de manière inappropriée. Le commandant de bord, présent sur les lieux, aurait encouragé cette scène plutôt que d'intervenir pour la stopper.
De retour à Paris, l'employée a immédiatement signalé les faits à sa hiérarchie au sein d'Air France. La compagnie a alors rédigé un rapport qualifié d'« accident du travail bénin », qui mentionnait les « troubles émotionnels » subis par l'hôtesse de l'air, sans toutefois évoquer clairement la nature sexuelle des agissements.
Une lettre d'excuses présentée comme condition pour clore l'affaire
Lors d'un entretien avec les ressources humaines en janvier 2020, la direction d'Air France a présenté à l'hôtesse de l'air une lettre d'excuses rédigée par le steward. Les responsables lui ont demandé d'accepter par écrit ces excuses, ce qui équivalait à renoncer à toute poursuite ultérieure contre l'agresseur présumé.
La défense d'Air France affirme pour sa part que l'hôtesse a accepté ces excuses sans aucune contrainte et qu'aucune plainte formelle n'a été déposée après l'année 2020. La compagnie considère donc que « l'incident était clos » et n'a engagé aucune procédure disciplinaire à l'encontre du steward mis en cause.
Un jugement attendu et un contexte plus large de violences sexuelles
Le jugement du conseil de prud'hommes est attendu pour le 28 septembre prochain. Parallèlement, des responsables d'Air France doivent être entendus ce vendredi au Sénat concernant leur politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au sein de l'entreprise.
Cette audition s'inscrit dans un contexte où une précédente enquête a révélé d'autres cas de violences sexistes et sexuelles non sanctionnés chez Air France, soulevant des questions sur l'efficacité des mécanismes de protection des employés.
L'affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice et la responsabilité des entreprises dans la gestion de tels incidents, notamment dans le secteur aérien où les déplacements et les soirées en équipage peuvent créer des situations à risque.



