Camélia Z., 31 ans, aide-soignante incarcérée depuis un an à la maison d'arrêt de Nîmes pour avoir tué son ex-compagnon d'un coup de couteau au cœur à Agde (Hérault), a comparu mardi 18 août devant la cour d'appel de Montpellier pour demander sa remise en liberté. Son avocate, Me Aurore Andrieux, estime que les circonstances du drame, survenu dans un contexte de violences conjugales répétées, justifient sa libération. La cour d'appel rendra sa décision le 25 août.
Un drame survenu dans un contexte de violences conjugales
Le 4 août 2025, dans le hall d'une résidence de vacances à Agde, Younès B., 30 ans, sous contrôle judiciaire et interdit de contact avec Camélia Z. pour des violences antérieures, a tenté de la reconquérir. Il l'a harcelée alors qu'elle se trouvait avec sa fille de 6 ans et sa nièce. La scène, filmée par la vidéosurveillance, montre Younès B. refusant qu'elle rentre avec sa famille, lui poussant la tête et lui portant des coups.
Selon Me Andrieux, Camélia Z. a alors récupéré un couteau dans la voiture de son ex-compagnon et lui a demandé de la laisser tranquille. Le médecin légiste a constaté de nombreuses traces de coups sur son corps. « En un instant, elle passe de victime de violences conjugales à celle qui a un geste malheureux, elle tend la main, face à celui qui est convaincu qu'elle n'a pas la force pour se défendre, et le couteau s'est logé dans le cœur », a rapporté l'avocate. Younès B. a dit « tu m'as planté » avant de la poursuivre devant l'ascenseur.
Expertises médicales et profil psychologique
Depuis un an, l'enquête est quasiment bouclée. Les expertises médicales ont établi que Camélia Z., agente hospitalière au CHU de Villeurbanne, est « bien insérée » et présente « une fragilité émotionnelle », notamment en raison d'une enfance marquée par des violences intrafamiliales. L'expert psychiatre a estimé que les menaces conjugales ont été perçues comme « vitales » lors du passage à l'acte, et a recommandé un suivi.
Devant la présidente de la chambre de l'instruction, Camélia Z. a promis de poursuivre ses soins psychologiques et psychiatriques. « Je continuerais les soins psychologiques et psychiatriques, j'ai des crises d'angoisse, c'est très dur de vivre avec ça », a-t-elle déclaré en larmes.
Arguments de l'accusation et de la défense
L'avocat général a toutefois rappelé que Camélia Z. a agi devant des enfants, a essuyé les traces de sang et caché le couteau, et a estimé qu'elle devait rester en prison. Son casier judiciaire mentionne une ancienne condamnation pour violence, ce que la défense a tempéré : « Elle s'est interposée face à un vigile qui voulait arrêter sa sœur après un vol ».
Me Andrieux a insisté sur la culpabilité massive de sa cliente et sur son projet de réinsertion : « Elle a tué un homme, elle le sait, elle est secouée, elle a une culpabilité massive, rien ne sera comme avant. Mais son employeur est prêt à la reprendre et elle veut retrouver sa fille ». La cour d'appel de Montpellier rendra sa décision le 25 août.



