Le gouvernement veut « encourager les femmes à parler », de nouvelles plaintes pour viols sont attendues, et les concerts de Patrick Bruel sont maintenus malgré une pétition. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a estimé ce mardi 19 mai 2026 qu’il fallait encourager les victimes à s’exprimer, « même des dizaines d’années après », en réaction aux accusations de viols et d’agressions sexuelles visant le chanteur et comédien Patrick Bruel.
Quelles sont les accusations visant Patrick Bruel ?
L’animatrice télé Flavie Flament a déposé plainte la semaine dernière, accusant Patrick Bruel de l’avoir violée à Paris en 1991, alors qu’elle avait 16 ans. Dans une interview diffusée lundi 18 mai 2026 sur Mediapart, elle a évoqué « une absence, un black-out total » après avoir bu un thé au domicile de l’artiste. « C’est un scénario de soumission chimique », a affirmé son avocate, Me Corinne Herrmann. Une autre plaignante, Ophélie Fajfer, était âgée de 19 ans au moment des faits, a indiqué lundi sur BFMTV son avocate, Me Myriam Guedj Benayoun. Le viol qu’elle dénonce se serait déroulé dans la propriété de Patrick Bruel à L’Isle-sur-la-Sorgue, où elle s’était rendue en espérant obtenir des conseils professionnels. Selon le récit d’Ophélie Fajfer au média Elle, Patrick Bruel l’aurait embrassée de force, puis lui aurait imposé une pénétration digitale et l’aurait contrainte à le masturber dans sa piscine.
Par ailleurs, cinq femmes ont signalé au parquet de Nanterre avoir subi « une attitude ou des gestes déplacés lors de massages pratiqués à l’occasion de concerts entre 2008 et 2019 », des faits qualifiés d’agression ou d’exhibition sexuelle. Deux autres femmes ont dénoncé des viols en 2000 et 2010. Au total, le parquet de Nanterre est déjà saisi de trois enquêtes pour viols pour des faits présumés en 1997, 2000 et 2008.
Où en sont les enquêtes ?
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a annoncé ce dimanche 17 mai 2026 que le chanteur est visé par au moins quatre plaintes pour violences sexuelles, sans compter celle de Flavie Flament. Les procédures ont été regroupées par le parquet de Nanterre, qui a annoncé lundi 18 mai 2026 la réouverture d’une enquête, plus de trois ans après le classement sans suite d’une plainte pour viol. L’avocate de Flavie Flament a déclaré ce mardi 19 mai que de nouvelles plaintes pour viols seront déposées dans les prochains jours. En parallèle, une enquête judiciaire a été ouverte en Belgique après une plainte enregistrée fin mars pour une agression sexuelle présumée à Bruxelles.
Quelle est la défense de l’accusé ?
Patrick Bruel conteste l’ensemble des faits. Sur Instagram, il a affirmé n’avoir « jamais forcé une femme », « drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit », ni « jamais servi de (sa) notoriété pour abuser de quiconque ». Concernant les accusations de Flavie Flament, il a assuré que leur relation « ne fut ni violente, ni contrainte, ni sournoise ». En réponse, Flavie Flament a jugé « insultant » les propos de l’avocat de Patrick Bruel, qui l’accuse « d’utiliser l’arme pénale comme un symbole ». Elle a rappelé son engagement contre les violences faites aux enfants, après avoir révélé avoir été violée par le photographe David Hamilton il y a dix ans.
Où est-il censé se produire prochainement ?
Actuellement à l’affiche de la pièce « Deuxième partie » de Samuel Benchetrit, Patrick Bruel doit entamer le 16 juin 2026 une tournée en France, Suisse, Belgique et Canada. Il est prévu à Saint-Laurent-du-Var le 21 juillet 2026 dans le cadre du Beach Sport Festival, et à Toulon le 22 juillet 2026 au Son by Toulon Festival. Une pétition soutenue par des artistes et collectifs féministes demande l’annulation de ces concerts ; elle avait recueilli plus de 20 600 signatures ce mardi matin.
Comment se positionne le gouvernement ?
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué qu’elle « n’irait pas voir jouer » l’artiste mais « qu’il était libre » de continuer à se produire. « On doit continuer à apporter dans la parole publique des messages extrêmement clairs qui encouragent les femmes à parler même des dizaines d’années après », a-t-elle déclaré sur France 2. « On doit tous œuvrer à un système politique, médiatique, judiciaire qui permet aux femmes qui ont été victimes de violences sexistes et sexuelles de s’exprimer, de le dire sur la place publique et d’être entendues par la justice. » « Je les écoute. Et c’est ensuite à la justice de retracer la véracité des faits », a ajouté la porte-parole.



