L'Allemagne lance la privatisation du géant énergétique Uniper
Quatre ans après avoir nationalisé le géant énergétique Uniper pour faire face à la crise du gaz provoquée par la guerre en Ukraine, l'Allemagne a annoncé, lundi 19 mai, le lancement du processus de privatisation de l'entreprise. Le gouvernement fédéral, qui détient 99,12 % du capital d'Uniper, a confié à la banque d'affaires Lazard la mission de trouver un ou plusieurs acquéreurs pour sa participation.
Un sauvetage coûteux pour l'État allemand
En décembre 2022, Berlin avait nationalisé Uniper, alors premier importateur de gaz russe en Allemagne, pour le sauver de la faillite. La facture pour l'État avait été salée : 53 milliards d'euros, dont 34 milliards pour recapitaliser l'entreprise. Depuis, Uniper a dû se réorganiser et a vu son modèle économique bouleversé.
Le groupe, basé à Düsseldorf, a depuis diversifié ses approvisionnements et développé les énergies renouvelables. Il a également réduit sa dépendance au gaz russe, qui représentait auparavant 50 % de ses approvisionnements. Aujourd'hui, Uniper se présente comme un acteur clé de la transition énergétique allemande.
Un contexte favorable pour une cession
Le gouvernement allemand estime que le moment est venu de se désengager. Les résultats financiers d'Uniper se sont améliorés : en 2025, le groupe a dégagé un bénéfice net de 1,8 milliard d'euros, contre une perte record de 19 milliards en 2022. La valorisation de l'entreprise est estimée entre 20 et 25 milliards d'euros, bien en deçà des 53 milliards investis par l'État.
Plusieurs investisseurs potentiels se sont déjà manifestés, notamment des fonds souverains du Moyen-Orient et des groupes énergétiques européens. Le ministre de l'Économie, Robert Habeck, a déclaré que l'État resterait actionnaire minoritaire pendant une période de transition afin d'assurer la stabilité de l'entreprise.
Les enjeux politiques et économiques
Cette privatisation intervient dans un contexte politique tendu. L'opposition conservatrice critique le coût du sauvetage d'Uniper pour les contribuables. Le gouvernement, lui, défend son action : sans cette nationalisation, l'approvisionnement énergétique de l'Allemagne aurait été gravement compromis.
Le processus de vente devrait prendre plusieurs mois. L'État allemand espère récupérer une partie des sommes investies, mais il est peu probable qu'il parvienne à les récupérer intégralement. La privatisation d'Uniper marque un tournant dans la politique énergétique allemande, après une période d'intervention massive de l'État.



