Ordre des médecins : deux présidents renvoyés en discipline pour l'affaire Le Scouarnec
Affaire Le Scouarnec : deux médecins renvoyés en discipline

L'actuel et l'ancien président de l'Ordre des médecins du Finistère sont traduits devant la chambre disciplinaire de Bretagne pour des manquements présumés dans l'affaire Joël Le Scouarnec. Saisi par l'association L'Enfant Bleu, le Conseil national de l'Ordre (CNOM) a décidé, à l'unanimité lors d'une séance extraordinaire, de renvoyer ces deux praticiens pour répondre de leur inaction.

Une alerte ignorée en 2006

L'affaire remonte à 2006, date à laquelle les responsables de l'Ordre départemental sont informés de la condamnation du chirurgien pour détention d'images pédopornographiques. Malgré un entretien où les médecins notent explicitement « porno enfant +++ » dans leur rapport, aucune sanction n'est prise. Ce silence institutionnel a permis au prédateur d'exercer librement auprès de mineurs jusqu'en 2017.

Une faute d'une gravité particulière

Pour L'Enfant Bleu, à l'origine des plaintes déposées en janvier 2026, ce manque de réaction constitue « une faute d'une particulière gravité ». L'association voit dans ce renvoi disciplinaire une lueur d'espoir pour les victimes, dont le parcours a été marqué par les manquements de la corporation médicale.

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Un désaveu pour l'Ordre du Finistère

Ce renvoi est un revers cinglant pour l'instance finistérienne, qui avait tenté de classer l'affaire en arguant avoir « respecté la procédure de l'époque ». Me Jean-Christophe Boyer, avocat de l'association, salue l'intervention du Conseil national : « C'est un énorme désaveu pour l'Ordre du Finistère qui a tenté de se défausser et qui est aujourd'hui rattrapé par la patrouille. »

L'avocat insiste sur le coût humain de ce silence : « Cette inaction a eu des conséquences dramatiques en permettant à Joël Le Scouarnec de continuer à exercer et de faire d'autres victimes alors qu'on aurait pu l'arrêter. » Au-delà des sanctions individuelles, la partie civile espère un électrochoc au sein de l'institution. « L'idée est qu'ils prennent enfin leur rôle au sérieux, qu'ils l'exercent dans l'intérêt des patients, et qu'ils sortent d'une logique de corporation », martèle Me Boyer. Sollicités par franceinfo, les praticiens concernés et l'Ordre du Finistère n'ont pas souhaité s'exprimer.

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