Accusations graves contre le fondateur de Frontières
Erik Tegnér, président fondateur, directeur de la publication et directeur de la rédaction du magazine d'extrême droite Frontières (anciennement Livre noir), a fait l'objet d'accusations sérieuses de la part d'une ancienne membre de sa rédaction. Selon les informations révélées par le média spécialisé La Lettre et reprises par Libération en février 2025, Pauline Condomines, une ex-journaliste du magazine proche du Rassemblement national, l'accusait de « harcèlement moral », « d'agression sexuelle » et de « violences ».
Le parcours de la plaignante et les accusations détaillées
Pauline Condomines avait rejoint le magazine identitaire en tant qu'alternante avant de s'imposer comme « l'une des figures de la rédaction » grâce à la publication d'une enquête marquante. Huit mois après avoir quitté ses fonctions, elle a officiellement porté plainte le lundi 3 février 2025 contre Erik Tegnér, ancien membre des Républicains éjecté du parti en 2019 pour ses accointances avec l'extrême droite.
Dans son témoignage recueilli par La Lettre, la plaignante dénonçait « une pression constante » se manifestant par « l'envoi de très nombreux messages, de jour comme de nuit et le week-end », une « dévalorisation générale » et des « attaques verbales suivies de menace ». Plus grave encore, elle accusait Erik Tegnér de « trois faits d'agression sexuelle » spécifiques.
Selon ses déclarations, le directeur aurait imposé des « caresses sur les pieds » non consenties entre le 20 et le 27 mai 2024, lors d'une série de reportages en Afrique du Sud. La Lettre rapportait en détail : « Elle accuse Erik Tegnér de l'avoir d'abord rejointe en pleine nuit sur le canapé-lit dans lequel elle était en train de dormir. Son employeur d'alors aurait commencé à lui caresser les pieds avec sa main, comme forme d'avances, poussant la journaliste, très mal à l'aise, à se lever. » Des gestes qu'il aurait réitérés à deux autres reprises quelques jours plus tard.
La défense de l'accusé et les témoignages à charge
Interrogé par La Lettre, Erik Tegnér a catégoriquement réfuté ces accusations, les qualifiant de « folles et totalement fausses ». Il a affirmé avoir « pleinement confiance » en la justice pour « faire triompher la vérité » et annoncé son intention de déposer une plainte pour diffamation en réponse.
La plainte de l'ex-journaliste était cependant appuyée par cinq attestations de témoins solides. Trois anciens collaborateurs de Frontières y accusaient Erik Tegnér de menacer « régulièrement ses employés de [les] virer sans raison, de ne pas [les] payer », tout en pointant du doigt ses « comportements tyranniques » et son « alcoolisation fréquente ». Les deux autres témoins l'accusaient quant à eux d'« abus de bien social » et d'« abus de pouvoir », des allégations remontant à septembre 2023.
La décision finale de classement sans suite
Finalement, le 2 février 2026, le Procureur de la République a rendu une décision de classement sans suite dans cette affaire complexe. Après un examen complet et minutieux de la procédure, les autorités judiciaires ont considéré que les éléments du dossier ne justifiaient aucune poursuite à l'encontre d'Erik Tegnér.
Cette décision officielle établit clairement que les faits relatés dans les différentes publications médiatiques ne reposaient sur aucune infraction constituée au regard de la loi. Le classement sans suite met ainsi un terme définitif à cette procédure judiciaire qui avait défrayé la chronique médiatique pendant plusieurs mois, tout en confirmant l'absence de base légale pour des poursuites pénales dans cette affaire.



