Liberté de la presse en France : 91 atteintes recensées en 2024, 40% par l'État
En 2024, l'Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) a identifié 91 atteintes de diverses natures sur le territoire national. Ce premier rapport, publié par l'association nouvellement créée, révèle que près de 40% de ces incidents sont imputables à des acteurs publics ou à des représentants de l'État, incluant les forces de l'ordre et les élus.
Les forces de l'ordre et les parlementaires en première ligne
Parmi les 38 cas attribués à des acteurs publics, les forces de l'ordre sont les plus concernées avec 14 incidents, suivies des parlementaires avec 8 cas. Le rapport précise que sept députés, tous affiliés au Rassemblement national ou liés à l'extrême droite, ainsi qu'une sénatrice Les Républicains, sont impliqués.
Cécile Dolman, journaliste et coprésidente de l'Ofalp, a commenté lors d'une conférence de presse : « C'était une année d'élections, avec les scrutins européens et législatifs. Il est possible que les futures éditions du rapport enregistrent moins d'atteintes liées au monde politique. »
Typologie des atteintes recensées
Les 91 cas d'atteintes à la liberté de la presse se répartissent en plusieurs catégories :
- Menaces, intimidations, injures, diffamations, harcèlements : 26 cas, soit la catégorie la plus représentée.
- Poursuites judiciaires abusives : 15 cas.
- Harcèlement en ligne : 14 cas.
- Restrictions d'accès à un lieu ou un événement : 11 cas.
L'Ofalp souligne que ce rapport est loin d'être exhaustif, car il se base uniquement sur des cas publics qui ont été examinés en détail. Pour les prochaines éditions, l'association ambitionne d'obtenir une vision plus précise en collectant et analysant des témoignages directs.
La création et les ambitions de l'Ofalp
Fondé en 2023 par une vingtaine de personnes, principalement des journalistes et des représentants d'organisations de défense de la liberté de la presse, l'Ofalp a pour mission de recenser de manière fine les atteintes à ce droit fondamental. Lucile Berland, journaliste et coprésidente, explique : « Cette initiative est assez nouvelle et complémentaire d'autres démarches, comme celle de Reporters sans frontières (RSF). »
Le conseil d'administration de l'Ofalp est composé de journalistes, de non-journalistes et d'organisations variées, telles que le Syndicat national des journalistes (SNJ) et l'association de critique des médias Acrimed, connue pour ses positions de gauche. Cécile Dolman insiste : « L'Ofalp n'est pas partisan d'un courant politique ou d'un autre, et ne s'inscrit pas dans une idéologie. Nous invitons des organisations de tous bords à nous rejoindre. »



