Gironde : 30 ans de réclusion pour un agriculteur coupable d'assassinat et tentative de féminicide
30 ans de réclusion pour un agriculteur coupable d'assassinat

Un verdict lourd pour un drame familial en Gironde

Ce vendredi 3 avril, la cour d'assises de la Gironde a rendu son verdict dans l'affaire Matthieu Belloc. L'ancien agriculteur de 37 ans, originaire d'Auros, a été déclaré coupable de l'assassinat de Jérôme Pagotto et de la tentative de meurtre sur son ex-conjointe, Sabrina Miquelajauregui. Les faits remontent au 9 septembre 2021 à Caumont, où Belloc avait abattu le nouveau compagnon de son ex-compagne et tiré sur cette dernière, la laissant amputée d'un bras.

Une peine de trente ans de réclusion criminelle

Matthieu Belloc a été condamné à trente ans de réclusion, conformément aux réquisitions de l'avocate générale Pauline Dubarry. La peine comprend une période de sûreté des deux tiers et un suivi sociojudiciaire de huit ans. Le silence était palpable dans la salle d'audience lors de l'annonce du verdict, en présence de la famille de la victime et de Sabrina Miquelajauregui.

L'accusé reconnaissait l'assassinat de Jérôme Pagotto, père d'un jeune garçon de 31 ans tué par trois coups de fusil, mais contestait la tentative de meurtre sur son ex-compagne. « Si je l'avais souhaité, vous croyez qu'elle serait là ? Pour Jérôme Pagotto, vous croyez que j'ai eu de la pitié ? » a-t-il lancé lors de son interrogatoire, jeudi, face aux proches des victimes.

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Un crime de possession selon les parties civiles

Les avocats des parties civiles ont dressé le portrait d'un homme « lâche », « autocentré » et adepte d'un « patriarcat moyenâgeux ». Me Frédéric Georges a dénoncé un système où « il utilise sa femme pour avoir une descendance et s'en occuper pendant que lui profite de ses loisirs ». Me Stéphanie Gouzes a qualifié l'acte de « crime de possession », soulignant que « Il ne supportait pas que Sabrina Miquelajauregui puisse construire sa vie avec un autre homme ».

L'avocate générale a appuyé cette analyse, rappelant que Belloc menaçait de tuer les deux victimes depuis des mois. « Il nous parle d'un coup de folie, mais un coup de folie, cela ne dure pas des mois », a-t-elle insisté, démontrant la préméditation à travers les nombreuses investigations.

La défense tente d'adoucir le portrait

Les avocats de la défense, Mes Sophie Benayoun et Antoine Mathias, ont tenté de nuancer le profil de leur client. Me Benayoun a distingué « un Matthieu Belloc avant la séparation et après », évoquant un homme au « parcours lisse » avant le départ de son ex-compagne. « Il a son exploitation, sa femme qui travaille avec lui et ses trois enfants. Il pense que c'est ça le bonheur ».

Me Mathias a décrit une personnalité « fruste » devenue « cocotte-minute », faisant de Jérôme Pagotto son « mauvais objet ». « Dans son esprit, le tuer est la solution. Où est le raisonnement ? Il n'y en a aucun ». La défense avait plaidé pour une requalification des faits contre Sabrina Miquelajauregui en violences volontaires, mais le verdict a retenu la tentative de féminicide.

Retrait de l'autorité parentale et appel possible

La cour a également rendu un arrêt de retrait total de l'autorité parentale de Matthieu Belloc sur ses trois enfants. Étonnamment, il conservait ce droit jusqu'alors, voyant ses enfants lors de visites médiatisées au parloir. Les enfants, placés en foyer, ne voient plus leur mère depuis plusieurs mois.

Me Marie Pommies-Courbu, avocate de l'administrateur ad hoc, a dénoncé « d'énormes manquements » ayant conduit à cette situation « paradoxale et inadmissible ». L'avocate générale a souligné que « la justice des mineurs a failli dans ce dossier », insistant sur la nécessité de dire la vérité aux enfants.

Matthieu Belloc dispose de dix jours pour faire appel de sa condamnation. Le procès a mis en lumière les défaillances systémiques et la violence patriarcale, tandis que le courage et la dignité de Sabrina Miquelajauregui ont été salués tout au long des audiences.

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