Un multirécidiviste condamné à 30 ans pour viols sur mineurs vulnérables
30 ans de prison pour viols sur mineurs vulnérables

Un multirécidiviste condamné à trente ans de réclusion pour viols sur mineurs vulnérables

Un habitant de Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, a été condamné à trente ans de réclusion criminelle pour des viols répétés sur des mineurs bulgares vulnérables. Patrick Garcia, aujourd'hui âgé de 76 ans, avait déjà été condamné à deux reprises pour des faits similaires, en 1988 et 1995.

Une arrestation fortuite qui met fin à des années d'abus

C'est un accident de la route, survenu le 1er novembre 2021 à Vayres en Gironde, qui a permis de révéler les agissements criminels de Patrick Garcia. Hospitalisé à Libourne avec un passager de 13 ans, l'adolescent a finalement avoué aux gendarmes que l'homme de 71 ans venait régulièrement le chercher à Bordeaux pour l'emmener chez lui à Sainte-Foy-la-Grande.

Le jeune garçon a décrit un premier contact marqué par la menace d'un pistolet pour réaliser des photos dénudées, avant que la situation ne dégénère en viols répétés. Les enquêteurs de la brigade de recherches de Libourne ont rapidement découvert que le septuagénaire fréquentait assidûment des squats de migrants bulgares à Bordeaux et Bègles.

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Entre 2020 et 2021, pas moins de 71 allers-retours ont été comptabilisés entre son domicile et Bordeaux.

Un mode opératoire bien rodé ciblant la vulnérabilité

Les investigations ont révélé un système méthodique de prédation. Patrick Garcia repérait des adolescents bulgares vivant dans la précarité, souvent sans soutien familial, et les approchait en leur montrant de l'argent. « Il nous montrait l'argent, on était jeunes, pauvres et on montait dans sa voiture », a témoigné l'une des victimes.

Son mode opératoire consistait à embarquer plusieurs enfants dans son véhicule pour les conduire dans des bois isolés où ils étaient violés tour à tour. Une deuxième victime, âgée de 14 à 17 ans au moment des faits, a estimé à environ 200 le nombre de rencontres sur trois ans, chaque viol étant suivi d'un paiement variant entre 50 et 200 euros.

Cinq victimes au procès, mais combien au total ?

Lors du procès qui s'est ouvert le 26 février 2026 devant la cour d'assises de la Gironde, cinq enfants se sont constitués partie civile. Cependant, l'ampleur réelle des faits reste difficile à établir. « Il y avait beaucoup de photos, mais on n'a pas le compte exact car certains sont repartis en Bulgarie », a regretté Me Isabelle Desmoulins, avocate de deux adolescents.

Le dossier révèle que l'accusé a effectué des virements d'environ 3 000 euros vers la Bulgarie, ce qui a suscité des interrogations sur la possible connaissance des parents. « Ça donne un peu l'impression désagréable que les parents étaient au courant », a noté Me Constance Montané de la Roque.

Une défense controversée et un lourd passé judiciaire

L'avocate de la défense, Me Stéphanie Tambo, a demandé l'acquittement en contestant le caractère imposé des actes. « Pour que le viol soit constitué, il ne faut pas simplement qu'il y ait un acte de pénétration, mais aussi que l'acte ait été imposé. Mon client conteste le caractère imposé. Pour lui, il n'y avait pas de contrainte », a-t-elle plaidé.

Le passé judiciaire de Patrick Garcia a pesé lourd dans le procès. Condamné à dix ans de réclusion en 1988 par la cour d'assises de la Dordogne pour viol sur mineur de 15 ans, il avait récidivé immédiatement après sa sortie de prison, écopant de vingt ans de réclusion en 1995. Son ex-épouse a témoigné : « Il était évident pour moi qu'il allait recommencer. Mon mari est de ces personnes qui n'admettent pas ce qu'ils font et il sera toujours un prédateur. »

Un expert psychiatre décrit un prédateur manipulateur

Un expert psychiatre a décrit l'accusé comme « pervers » et « manipulateur », avec une tendance à rejeter la responsabilité de ses actes sur ses victimes. Me Desmoulins a souligné : « Le terme de prédateur, on l'emploie un peu à tout usage, mais là, c'est vraiment ça. C'est un mode de fonctionnement chez ce multirécidiviste. »

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Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité le 3 mars, mais le verdict a finalement été de trente ans de réclusion avec une peine de sûreté de vingt ans. Patrick Garcia a fait appel de cette décision. Bien que présumé innocent dans le cadre de cette procédure d'appel, il reste actuellement incarcéré.