Interception d'une jeune femme avec 28 kg de cannabis dans l'Hérault : elle invoque les dettes de son conjoint
28 kg de cannabis interceptés : une femme condamnée à Montpellier

Une jeune femme interceptée avec 28 kg de cannabis dans l'Hérault

Les douaniers français ont réalisé une saisie importante dans le département de l'Hérault en interceptant une automobiliste de 24 ans transportant 28 kilogrammes de cannabis dans le coffre de son véhicule. L'interpellation a eu lieu le 4 février à Loupian alors que la jeune femme revenait d'Espagne.

Un trafic international démantelé

Lors du contrôle routier, les agents des douanes ont découvert dans la Citroën DS3 pas moins de 25 kilogrammes d'herbe de cannabis et plus de 3 kilogrammes de résine de cannabis. La prévenue, originaire de Nancy où elle réside habituellement, effectuait un trajet depuis Barcelone vers sa ville de résidence lorsqu'elle a été arrêtée.

Devant le tribunal correctionnel de Montpellier où elle a comparu, la jeune femme a reconnu transporter une substance prohibée mais a affirmé "sans savoir qu'il s'agissait de drogue". Elle a également refusé de donner le code de son téléphone portable aux enquêteurs, expliquant cette réticence par "la peur de représailles".

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Une défense basée sur la contrainte

L'avocate de la prévenue a développé une argumentation centrée sur l'exploitation de sa cliente. "On s'est servi d'elle", a-t-elle lancé devant la cour, suggérant même que sa cliente aurait pu être "livrée aux Douanes afin de faire passer un convoi plus important".

La jeune femme a pour sa part expliqué avoir été contrainte d'effectuer ce transport pour rembourser les dettes de son conjoint. "Je n'avais pas le choix", a-t-elle affirmé, décrivant comment un homme armé serait venu la menacer chez elle avant le départ, prenant en photo sa pièce d'identité et lui promettant "de gros problèmes" si elle refusait la mission.

Une descente aux enfers personnelle

Le récit présenté à l'audience dépeint une spirale descendante qui aurait débuté à l'été 2025 lorsque la prévenue a rencontré son compagnon. Selon sa défense, cet homme consommait une quinzaine de joints par jour et aurait entraîné la jeune femme dans sa consommation.

L'avocate a précisé : "Il n'achetait pas ses stupéfiants et se créait une dette. Il s'est servi d'elle pour la rembourser." Le conjoint aurait même minimisé les risques encourus en déclarant à la jeune femme : "Toi t'es une femme, tu prendras rien".

Une condamnation sévère malgré les circonstances atténuantes

Devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 6 février, la prévenue en larmes a déclaré : "Je regrette énormément, j'ai l'impression d'avoir gâché ma vie". La procureure de la République avait requis une peine de trois ans d'emprisonnement dont dix-huit mois avec sursis, le maintien en détention et une amende douanière de 52 800 euros correspondant à la valeur marchande des stupéfiants saisis.

Finalement, les juges ont prononcé une condamnation à quatre ans de prison dont trois avec sursis. La partie ferme de la peine s'effectuera avec port de bracelet électronique. Le contrôle judiciaire impose à la condamnée plusieurs obligations strictes :

  • Travailler régulièrement
  • Se soigner et suivre un traitement adapté
  • Rembourser les sommes dues au Trésor public

La cour a également ordonné le paiement d'une amende douanière de 20 000 euros, la restitution du véhicule à son propriétaire (le père de la prévenue) et la confiscation des 28 kilogrammes de cannabis saisis.

Un cas révélateur des mécanismes d'emprise

Cette affaire met en lumière les méthodes de recrutement des réseaux de trafic de stupéfiants qui exploitent souvent des personnes vulnérables. Le montant promis à la jeune femme pour ce transport périlleux – 1 000 euros selon son avocate – correspondait à peine aux frais de déplacement, illustrant le caractère prédateur de ces organisations criminelles.

Le tribunal de Montpellier, tout en reconnaissant les circonstances particulières de cette affaire, a voulu envoyer un message ferme contre le trafic international de drogue qui transite régulièrement par la région Occitanie, plaque tournante entre l'Espagne et le reste de l'Europe.

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