L'avocat général requiert 18 ans de réclusion criminelle contre une mère accusée d'avoir tué ses nourrissons
L'avocat général a formulé ses réquisitions ce jeudi à l'encontre d'Aurélie S., une mère au foyer accusée d'avoir tué deux de ses nourrissons et dissimulé les corps dans un congélateur. La magistrate a requis 18 ans de réclusion criminelle contre cette quadragénaire originaire de Mazan, au pied du Mont-Ventoux, qui élevait seule ses trois filles dans la commune voisine de Bedoin. Aurélie S. encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour ces faits particulièrement graves.
Les accusations retenues pour les deux nourrissons
Pour la première petite fille, qui a vécu deux jours avant de mourir, l'avocat général a retenu la qualification de meurtre. Aurélie S. assure que l'enfant a succombé à une chute dans l'escalier alors qu'elle rentrait de courses avec le bébé dans les bras. Cependant, les analyses médico-légales contredisent cette version des faits : les lésions sur le crâne de l'enfant ne seraient pas compatibles avec une telle chute.
Pour le deuxième bébé retrouvé dans le congélateur, l'avocat général a retenu un défaut de soins ayant entraîné la mort. Aurélie S. a accouché suite à un déni de grossesse et a raconté que l'enfant n'avait pas donné signe de vie. Les analyses légales ont montré que ce bébé était mort des suites de l'accouchement difficile, notamment parce qu'Aurélie S. n'avait pas coupé le cordon ombilical.
Les déclarations de l'accusée et les réactions
Tout au long de l'instruction et du procès, Aurélie S. a nié toute intention de tuer. « Je les ai pas tués, mais c'est les conséquences de mes non-actes, de ce que j'ai pas fait », a-t-elle déclaré lors de son interrogatoire mercredi. Concernant le deuxième bébé, elle a argué : « Je ne savais pas qu'il fallait couper le cordon de suite », une méconnaissance qui a étonné la présidente du tribunal pour une femme en étant à sa huitième grossesse et ayant déjà accouché à domicile.
La magistrate en charge de l'instruction a cinglé à la barre mercredi : « En ne lui prodiguant aucun secours, Mme S. l'a condamnée à mort ». Me Marc Geiger, qui conseillait le père du premier bébé, est revenu dans sa plaidoirie sur le traumatisme de cet homme qui « apprend sa paternité en même temps que la mort de son enfant ». Ce pompier volontaire, aujourd'hui heureux en mariage, « avait des projets d'enfant, aujourd'hui il n'en a plus ».
Les éléments médicaux et le verdict attendu
Les causes de la mort des deux bébés qu'Aurélie S. a eus en 2018 et 2019 ont été au cœur des débats pendant le procès. Les légistes s'accordent à dire que les deux petites filles sont nées à terme, vivantes et sans malformation. Les corps avaient été placés dans un congélateur, un détail macabre qui a marqué l'ensemble de l'affaire.
Le verdict est attendu vendredi, mettant ainsi fin à un procès particulièrement émouvant et complexe qui a mobilisé l'attention judiciaire et médiatique. La décision du tribunal déterminera si les réquisitions de l'avocat général seront suivies ou si la peine prononcée sera différente.



