Lodève : 177 pieds de cannabis saisis dans un appartement, le cultivateur invoque l'autoconsommation
177 pieds de cannabis saisis à Lodève, l'homme plaide l'autoconsommation

Lodève : une culture massive de cannabis découverte dans un appartement

Une odeur persistante de cannabis a alerté les gendarmes dans une rue de Lodève, conduisant à la découverte surprenante de 177 pieds de cannabis cultivés dans un appartement. L'occupant des lieux, un homme de 43 ans nommé Germain, originaire de Saint-Martin, a été interpellé et présenté devant le tribunal correctionnel de Montpellier.

"Pour ma propre consommation" : la défense de l'accusé

Devant la cour, Germain a plaidé que cette impressionnante plantation était destinée à sa consommation personnelle. "Le cannabis est super cher en France", a-t-il justifié, expliquant avoir développé cette culture pour faire face à son addiction de longue date. Le président du tribunal lui a rétorqué sèchement : "C'est surtout super interdit !".

L'homme, père de deux jeunes filles, a reconnu être un grand consommateur depuis sa jeunesse. "Le cannabis m'a poursuivi toute ma vie", a-t-il confié à la barre, évoquant un environnement familial où la substance était présente. Il a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une "petite culture", bien que les experts estiment qu'elle pouvait produire jusqu'à cinq kilos de cannabis par an.

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Un lourd passé judiciaire et des incohérences financières

Le parcours judiciaire de Germain est marqué par treize incarcérations, dont six pour conduite sans permis. Au début des années 2000, il avait déjà été condamné à quatre ans de prison pour importation de stupéfiants. Face aux juges, il a reconnu qu'"il aurait pu en vendre un petit peu" étant donné ses difficultés financières.

Le tribunal a relevé des incohérences dans sa situation économique : alors qu'il déclare gagner 650 euros par mois et payer un loyer de 300 euros, près de 2 000 euros en petites coupures ont été retrouvés dans son appartement. "Vous encourez vingt ans de prison", a rappelé le président, provoquant un silence inhabituel chez le prévenu habituellement loquace.

Une condamnation ferme malgré les circonstances atténuantes

Le procureur a développé devant un parterre d'élèves les dangers des stupéfiants, soulignant qu'"il n'y a rien de récréatif dans la drogue". Il a requis quatre ans de prison avec sursis probatoire de deux ans, ainsi qu'une obligation de travail et de soins.

Germain a évoqué son désir de se reprendre en main pour sa famille, mentionnant le décès de son père lié à la consommation de cocaïne et de crack. "Il faut de l'accompagnement pour que je puisse tenir le coup", a-t-il plaidé.

Finalement, le tribunal a condamné l'homme à trois ans de prison, dont deux avec sursis, avec confiscation des biens liés à la production de cannabis. La décision a été motivée par "la gravité et le renouvellement des faits", marquant ainsi une réponse ferme à cette culture illicite de grande ampleur.

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