Un père de famille d'une trentaine d'années a été jugé depuis mercredi 20 mai devant la cour criminelle départementale pour avoir violé sa belle-fille, âgée de 5 à 7 ans. Ce jeudi 21 mai, au deuxième et dernier jour de son procès pour viol incestueux aggravé sur mineur devant la cour criminelle de la Dordogne (CCD), à Périgueux, l'accusé a été reconnu coupable d'avoir imposé une quinzaine de fellations à sa belle-fille et d'avoir frotté son sexe contre le sien, entre novembre 2021 et août 2024 à Prigonrieux. La fillette avait entre 5 et 7 ans.
Une peine de treize ans de réclusion
En répression, l'homme a été condamné à une peine de treize ans de réclusion criminelle, assortie d'un suivi sociojudiciaire de cinq ans qui prendra effet à sa sortie de détention. Les magistrats professionnels de la CCD ont suivi les réquisitions de l'avocat général. Plus tôt dans la journée, le vice-procureur de la République de Bergerac, Charles Charollois, avait requis un quantum de treize à quatorze ans à l'encontre de l'accusé.
Pour le représentant des intérêts de la société, tout l'enjeu était de proposer une peine « juste » qui « prenne aussi bien en considération la souffrance des parties civiles que la position de l'accusé qui a reconnu ses crimes pendant l'instruction », après les avoir niés en garde à vue.
Un crime par vengeance ?
Les arguments avancés par le trentenaire pour tenter d'expliquer son crime n'en sont nullement pour l'avocat général. « L'accusé dit avoir violé sa belle-fille par vengeance, parce que lui-même aurait été violé par un cousin il y a vingt-cinq ans. Quand bien même ces faits, pour lesquels aucune plainte n'a jamais été déposée, auraient été vrais, une vengeance sur sa belle-fille, qui n'y est pour rien, n'a aucun sens », a relevé Charles Charollois.
Comme les experts, le vice-procureur ne croit pas avoir en face de lui « un pervers, un sadique ou un pédophile incestueux ». Mais plutôt un homme égoïste qui a agi par opportunisme. « La fillette était à sa disposition. Il s'en est servi d'objet sexuel pour assouvir ses pulsions. »
La reconnaissance des faits, un préalable nécessaire
La reconnaissance totale des faits n'en reste pas moins « un préalable pour sortir de l'impasse. Cela vaut pour l'auteur, qui a pu commencer un travail de soins en prison, et surtout pour la petite fille, dont la parole a été entendue et crue », a souligné l'avocat général.
« Mais cela n'a pas toujours été le cas », n'a pas hésité à rappeler Charles Charollois. En 2021 déjà, la victime avait confié à sa maman que « son beau-père la forçait à mettre son zizi dans sa bouche ». Un signalement avait été fait auprès des forces de l'ordre, mais l'affaire avait été classée sans suite après les atermoiements des protagonistes. Un rendez-vous manqué avec la vérité qui « vaut aujourd'hui à la maman de la victime de nourrir une grande culpabilité », a fait valoir son conseil, Me Massoulier.
Une bombe à retardement
Pour l'heure, la fillette âgée de 9 ans aujourd'hui ne manifeste pas de signes de mal-être, seulement « des symptômes psychosomatiques légers et diffus », selon les experts qui l'ont examinée. Mais rien ne dit qu'il en sera toujours ainsi, particulièrement à l'adolescence ou à l'âge adulte. « C'est une bombe à retardement qui pourra exploser à tout moment », a prévenu son avocate, Me Gutriato. Une hypothèse contre laquelle l'avocate de la défense n'a pas cherché à aller. Dans sa plaidoirie, d'une grande sobriété, Me Valade a surtout évoqué « la culpabilité qui ronge son client » et « l'espoir qu'il nourrit de voir grandir son ex-belle-fille correctement ».



