Noa Duval, 15 ans, révolutionne l'accès à la politique pour les jeunes sur Instagram
Noa Duval, 15 ans, rend la politique accessible aux jeunes sur Instagram

Noa Duval, le collégien qui démocratise la politique sur Instagram

Les jeunes ne s'intéressent pas à la politique ? Noa Duval, un Bordelais de 15 ans, est l'exception qui démontre le contraire. Avec son compte Instagram Le Sourire politique, il rassemble plus de 26 400 abonnés et réalise des interviews de personnalités politiques pour rendre cette discipline accessible aux adolescents.

Un succès numérique certifié

Depuis sa création le 18 avril 2024, le compte a publié près de 400 contenus et obtenu la fameuse pastille bleue de certification. Noa Duval suit les candidats aux élections municipales à Bordeaux, se déplace à Paris ou Lille pour rencontrer les ténors de la politique, et sa silhouette est désormais reconnue dans les QG de campagne.

Le milieu politique le considère comme un relais essentiel vers le jeune électorat futur, une génération souvent perçue comme désintéressée des affaires publiques.

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Des origines familiales à la passion politique

L'intérêt de Noa pour la politique trouve sa source chez ses grands-parents. Grâce à eux, il développe une passion pour l'histoire, les grands récits nationaux et la mythologie, avant de se tourner vers la chose publique.

« Après l'élection présidentielle de 2022, je me suis dit que la politique m'intéressait quand même », confie-t-il, évoquant les moments passés à accompagner son père dans l'isoloir.

Un réseau construit à partir de zéro

Le jeune Bordelais a débuté sans aucun contact dans le milieu politique. « Au début, je partais avec zéro contact. C'est petit à petit, en faisant des interviews et en passant dans les médias, que j'ai réussi à construire un réseau », explique-t-il.

Il avoue avoir envoyé près de 200 messages pour décrocher ses premiers rendez-vous. Aujourd'hui, ce collégien en classe de 3e a réalisé plus de 200 interviews.

Une mission didactique au service des jeunes

Derrière l'aspect ludique, l'objectif reste pédagogique. Interroger Richard Ferrand sur le rôle du Conseil constitutionnel ou Paul Watson sur l'écologie participe de cette volonté d'expliquer le fonctionnement des institutions aux plus jeunes.

« Ma cible, ce sont eux », martèle-t-il avec une maturité étonnante, même s'il reconnaît que ses propres amis ne sont pas toujours passionnés par le sujet.

Des formats innovants et des défis personnels

Pour se démarquer, Noa a inventé ses propres formats vidéo :

  • Une roue des thématiques qu'il transporte dans sa poche
  • Un buzzer pour les désaccords
  • Le « 26 secondes pour convaincre »

Mais l'adolescent reste humble face aux défis : « Des fois je me demande comment je fais, parce que c'est compliqué d'aller démarcher les politiques. Je reste un enfant, j'ai peur, mais je me force à y aller ».

Un équilibre préservé par la famille

Noa n'est jamais seul sur le terrain. Le plus souvent accompagné par son père, et parfois sa mère, il maintient un équilibre entre :

  1. Le travail scolaire
  2. Son activité numérique pour Le Sourire politique
  3. La pratique du tennis au CA Béglais
  4. Le temps partagé avec ses amis

« Il faut trouver de la place pour tout », veille sa maman. « Mes amis m'accompagnent parfois ou me prêtent main-forte pour réaliser les vidéos », sourit-il.

Les ombres du succès et l'engagement démocratique

Ce succès sur les réseaux sociaux n'est pas sans inconvénients. Les commentaires malveillants sont filtrés par ses parents avec attention. « Au début, ça me visait moi. Maintenant, ce sont plutôt les politiques que j'interviewe qui font réagir », analyse-t-il avec recul.

Qu'il interroge Marion Maréchal (RN) ou Clémence Guetté (LFI), Noa refuse de « blacklister » qui que ce soit, au nom de la représentativité démocratique.

Des retombées positives et des projets d'avenir

Noa préfère retenir les aspects positifs, comme son récent passage sur BFMTV pour porter la voix des jeunes sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. « J'ai reçu énormément de messages positifs sur ma prise de parole. C'était important pour moi d'en parler. »

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Pour la suite, il imagine peut-être une carrière de journaliste. « Pourquoi pas la politique ? Je ne sais pas encore ce que ce compte me réserve comme surprises », sourit-il, malicieux.

En attendant, son agenda ne désemplit pas. Entre les cours et les tournois de tennis, il continue de construire ce qu'il appelle son « arbre de contacts », une interview après l'autre. Dans trois ans, il pourra glisser son premier bulletin dans l'urne électorale, passant de commentateur à acteur du processus démocratique.