Apprendre à s'ennuyer : un remède à l'hyperconnexion des jeunes
Apprendre à s'ennuyer : un remède à l'hyperconnexion

Alors que les téléphones portables sont désormais proscrits dans les lycées, l'objet incarne le mal du 21e siècle. Il n'est pas le seul à blâmer, mais à cause de lui, les jeunes ne savent plus s'ennuyer. C'est le constat dressé par Nicolas Galup dans son éditorial publié le 4 septembre 2026, à l'occasion de la rentrée scolaire au lycée Saint Exupéry de Saint Raphaël, où l'interdiction des téléphones dans l'enceinte de l'établissement a été mise en place.

L'ennui, une expérience devenue étrange

« Je m'ennuie. » Il fut un temps où cette petite phrase, lancée par un enfant un dimanche après-midi, recevait une réponse assez simple : « Trouve quelque chose à faire. » Et, curieusement, il trouvait. Une cabane à construire, un ballon à taper contre un mur, quelques pages à lire, un copain à rejoindre. Ou rien. Juste le plafond à regarder, les pensées qui vagabondent et cette étrange expérience qui consiste à ne pas savoir quoi faire de son temps.

Aujourd'hui, nous avons comme déclaré la guerre à l'ennui. Les emplois du temps de nos enfants ressemblent parfois à ceux de cadres supérieurs : école, devoirs, sport, musique, activités, rendez-vous. Et dans les rares interstices laissés vacants, un écran est toujours prêt à prendre le relais. Il suffit désormais de quelques secondes d'attente pour que surgisse un téléphone. Dans une voiture, au restaurant, dans une salle d'attente, parfois même entre amis. Le moindre temps mort est comblé.

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Les bienfaits de l'oisiveté pour le développement

À la rentrée, nous nous inquiétons beaucoup de ce que nos enfants vont apprendre. Et si nous leur apprenions à s'ennuyer ? Un peu d'oisiveté, ce n'est pas forcément perdre son temps. C'est aussi chercher. Imaginer. Inventer. C'est découvrir ce que l'on aime lorsque personne ne vous dit ce que vous devez faire. Le jeu libre participe justement au développement de l'autonomie, de l'imagination et de la capacité à résoudre des problèmes. Le cerveau carbure et ouvre tous les horizons, une forme de liberté absolue.

Il ne s'agit pas de transformer le smartphone en ennemi public ni de regretter une enfance idéalisée où tout aurait été mieux avant. Les écrans permettent aussi d'apprendre, de créer, de jouer et de rester en contact. Le problème commence lorsqu'ils remplacent systématiquement tout le reste, le sommeil, la socialisation « en vrai » et le vagabondage de nos neurones.

Un constat qui vaut aussi pour les adultes

Oh bien sûr, ce qui est valable pour nos enfants et nos ados l'est tout aussi pour nous. Il faut se le dire. L'éditorial invite ainsi à une réflexion collective sur notre rapport aux écrans et à l'ennui, alors que la nouvelle mesure d'interdiction dans les lycées s'inscrit dans un contexte plus large de questionnement sur l'usage du numérique chez les jeunes.

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