Le gouvernement dévoile un plan pour le droit à la vie sexuelle des personnes handicapées
Plan gouvernemental pour la vie sexuelle des personnes handicapées

Un plan gouvernemental pour lever les tabous sur la vie sexuelle des personnes handicapées

Le gouvernement a dévoilé ce mercredi un plan d'action ambitieux visant à garantir le droit des personnes en situation de handicap à une vie sexuelle et affective épanouie. Cette initiative, présentée par la ministre déléguée chargée du Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq, répond à un engagement pris par Emmanuel Macron pour fin 2023 et se déploie à moyens constants.

Quatre axes prioritaires pour un changement profond

Le plan s'articule autour de quatre grands axes stratégiques :

  1. L'information et la sensibilisation du grand public et des professionnels
  2. L'accès à la santé sexuelle et aux soins adaptés
  3. La prévention des violences sexuelles, particulièrement préoccupante
  4. L'évolution des pratiques dans les établissements spécialisés

« Les professionnels ne savent pas toujours très bien comment appréhender cette question, il était donc essentiel de proposer des clarifications », explique la ministre, qui appelle à lever définitivement le tabou entourant cette dimension essentielle de la vie des personnes handicapées.

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Des outils concrets pour les professionnels

Parmi les mesures phares, un guide pratique sera élaboré pour aider les établissements à rendre les espaces privés propices à l'intimité. Les chambres et appartements devront être aménagés pour respecter la vie intime des résidents.

Les centres de ressources Intimagir joueront un rôle central en fournissant un socle national d'outils fiables de sensibilisation et de formation, diffusables sur l'ensemble du territoire. Ces ressources permettront d'harmoniser les pratiques et d'assurer un accompagnement de qualité.

Renforcer la lutte contre les violences sexuelles

Face au constat alarmant que les femmes handicapées sont deux fois plus exposées aux violences sexuelles, le plan prévoit des mesures de protection renforcées. Un contrôle systématique des antécédents judiciaires des professionnels intervenant auprès des personnes handicapées sera mis en place selon un calendrier précis :

  • D'ici juin 2027 pour les établissements accueillant des enfants handicapés
  • Avant juin 2028 pour ceux hébergeant des adultes

L'assistance sexuelle : une question toujours en suspens

Le plan maintient cependant le statu quo concernant l'assistance sexuelle, sujet de débat depuis des décennies. « On reste à cadre légal constant donc il n'y a pas de création d'un statut pour les assistants sexuels », confirme le ministère.

Cette prudence contraste avec les constats de la Haute autorité de santé (HAS), qui pointait début 2025 d'importantes difficultés dans l'accompagnement de la vie intime, active et sexuelle (VIAS). L'institution relevait que cette dimension est souvent niée ou mène à des conséquences graves : grossesses non désirées, violences sexistes, infections sexuellement transmissibles, ou situations de maltraitance.

Ce plan gouvernemental représente donc une avancée significative dans la reconnaissance des droits sexuels des personnes handicapées, même si certaines questions sensibles, comme l'assistance sexuelle, restent en attente de solutions législatives plus audacieuses.

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