En 2020, l'été du premier déconfinement, Clara a vécu des vacances qu'elle n'oubliera jamais : ses premières avec sa famille recomposée, réunie sur l'île d'Oléron. Pour cette quadragénaire, ces moments ont marqué « un véritable point de bascule », comme elle le confie. Après des mois d'enfermement, cette semaine au camping a symbolisé le renouveau, la liberté retrouvée et la première brique d'un édifice familial qu'elle espère solide.
Des vacances idylliques sur l'île d'Oléron
Clara, Philippe et leurs enfants, âgés de 15, 17 et 19 ans, ont choisi l'île d'Oléron pour poser leurs valises, accompagnés de la petite amie de l'aîné. Le séjour d'une semaine au camping a été rythmé par la plage, les balades à vélo et les apéros, mais aussi par les tâches quotidiennes comme les courses et la cuisine, que les adolescents n'apprécient guère. Pourtant, aucun nuage à l'horizon : « On a passé nos vacances tous ensemble. Les jeunes sortaient parfois sans nous le soir, mais sinon on faisait tout ensemble. Bon, sauf les courses (rires) mais on n'avait pas la volonté de se séparer », raconte Clara.
Ces vacances contrastent avec celles d'avant, marquées par la routine : toujours le même endroit, les mêmes activités, souvent à deux avec sa fille, son ex-conjoint étant souvent absent. Découvrir des moments partagés à six, même simples comme aller manger une glace sur le port le soir, a provoqué une vive émotion. « On était en famille, et c'est quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant. En fait, j'ai découvert ce qu'était une famille », se souvient-elle. Les visites, les balades à vélo, les fous rires : tout s'est déroulé sans accroc, un succès que la famille recomposée doit peut-être au confinement.
Une rencontre qui a pris son temps
Pour comprendre ces vacances « idylliques », il faut remonter à l'origine de la rencontre. Clara et Philippe faisaient partie de la même bande d'amis à 18 ans, sans jamais dépasser le stade de l'amitié. Leurs chemins ont divergé : elle a rencontré le père de sa fille, lui la mère de ses deux enfants. Malgré des amis communs, ils ne se sont jamais recroisés jusqu'au jour où Facebook leur a permis de renouer le contact. Un verre, un restaurant, puis un autre, et l'alchimie a opéré. À 45 et 44 ans, tous deux séparés, ils ont entamé une histoire.
La préface de cette idylle s'écrit à deux, mais l'histoire n'a de sens que si elle se compose à cinq. « En tant que maman, j'avais des craintes comme on peut en avoir dans ces cas-là », admet Clara. Ces craintes se sont dissipées rapidement : « J'ai rencontré ses enfants, il a rencontré ma fille, puis les enfants ont fait connaissance lors d'un mariage dans sa famille », se souvient-elle. L'alchimie a opéré une nouvelle fois, les ados s'appréciant tout de suite. Le couple n'a pas précipité les choses, chacun restant chez soi, avançant doucement. Après un premier Noël « magique », ils ont construit pas à pas jusqu'en mars 2020.
Le confinement, prélude à l'harmonie
Quand le confinement a été décrété, Clara partageait encore son lieu de vie avec son ex, mais ne se voyait pas passer ses journées avec lui. Philippe l'a invitée à se confiner avec lui et les enfants, une semaine sur deux, quitte à se serrer. « Les enfants se sont réellement découverts à cette période-là, dans la contrainte de l'enfermement », explique Clara. Chacun a appris à se connaître avec les désagréments de la situation : « On ne pouvait pas être d'accord tout le temps, alors parfois le ton montait, mais on a opté pour la discussion ouverte, l'échange », précise-t-elle, consciente que cette période « pouvait [aussi] remettre son couple en question ».
C'est finalement le contraire qui s'est produit. Les enfants se sont rapprochés, « une espèce d'harmonie s'installe », et chacun a trouvé sa place dans cette famille recomposée. Clara ne doute pas que cette période a été le meilleur prélude à ces premières vacances et à l'épanouissement de son couple. « On a créé les fondations pendant le confinement, et on a commencé à construire pendant les vacances », pense-t-elle. Conscients que cette « osmose » ne se produit pas dans toutes les familles recomposées, Clara et Philippe s'estiment chanceux.
Une famille qui se construit durablement
« Si notre amour en est là, c'est parce qu'on a des enfants extraordinaires et que tout s'est fait dans la continuité, très naturellement », confie Clara. « Ce sont des vacances qu'on n'oubliera jamais parce qu'on était libres, parce qu'on a vu cette nouvelle famille se construire. » Les deux tourtereaux ont attendu 2022 pour emménager ensemble. S'il est plus difficile aujourd'hui de réunir toute la famille, Clara ne fait plus aucune différence entre sa fille et ses beaux-enfants. Elle a découvert ce que signifiait « être une famille », mais pas seulement : « J'ai appris que j'étais capable d'aimer plus qu'un enfant et que certaines choses qu'on idéalise peuvent vraiment se concrétiser. »



