Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné ce mercredi 20 mai un quadragénaire sans domicile fixe et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) à cinq ans d'emprisonnement ferme pour le vol à l'arraché commis sur une femme de 93 ans le 12 avril dernier. La peine prononcée dépasse les réquisitions de la procureure, qui avait demandé deux ans de prison ferme.
Des faits d'une extrême gravité
Ce jour-là, la victime rentrait dans sa résidence seniors située en centre-ville de Nîmes, munie de son déambulateur, lorsqu'elle a été agressée par un individu qui a tenté de lui arracher son sac. Malgré sa vulnérabilité, la nonagénaire s'est débattue, mais son agresseur lui a asséné un coup au visage, provoquant sa chute au sol. Elle a été blessée à la jambe, avec une plaie ouverte, et transportée à l'hôpital pour être prise en charge.
Un traumatisme persistant
Lors de l'audience, la petite-fille de la victime, représentant sa grand-mère absente, a témoigné du choc profond de cette dernière : "Elle ne sort plus de chez elle. Ces plaies ne sont toujours pas cicatrisées." Une employée de la résidence a également indiqué que l'agresseur avait été aperçu devant l'immeuble quelques jours avant les faits, effectuant un repérage.
L'agresseur interpellé en possession d'un couteau
Le quadragénaire a été interpellé peu après les faits, non loin d'un squat, en possession d'un couteau et en état d'ébriété. Lors de sa garde à vue, il a d'abord nié les faits, avant de les reconnaître après que la victime l'a identifié sur tapissage et que les enquêteurs lui ont montré les images de vidéosurveillance. Il a expliqué ne pas avoir de souvenirs précis en raison d'un fort taux d'alcool et de sa consommation de crack.
Des excuses tardives
À l'audience, le prévenu a déclaré par l'intermédiaire de son interprète : "Je suis désolé." Son avocate a souligné l'absence d'antécédents judiciaires de son client, ajoutant que "ce n'est pas dans ses habitudes". Cependant, le tribunal a jugé les faits "d'une extrême gravité" et a prononcé une peine de cinq ans d'emprisonnement ferme, assortie d'une interdiction de port d'armes pendant cinq ans et d'une interdiction définitive du territoire français. Le prévenu devra également verser 3 000 euros à la victime au titre des préjudices moral et physique. Il a été maintenu en détention à l'issue de l'audience.



