Prêt à taux zéro de 100 000 euros pour un logement dès le premier enfant : bonne idée ?
PTZ de 100 000 euros dès le premier enfant : bonne idée ?

Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré plus de décès que de naissances en 2025. Face à ce constat alarmant, une proposition de loi vise à lever les obstacles financiers à l'accession à la propriété pour les familles. La députée Constance de Pélichy (LIOT), présidente de la mission d'information sur la baisse de la natalité, propose un prêt à taux zéro (PTZ) de 100 000 euros pour l'achat d'un logement dès la naissance du premier enfant, sans aucune condition de ressources.

Un lien entre immobilier et natalité

Selon un sondage Odoxa paru en janvier, 20 % des jeunes renoncent à avoir un enfant faute de logement adapté. « Entre début 2000 et aujourd'hui, les prix de l'immobilier ont été multipliés par deux, voire par trois selon les villes, explique la députée. Parallèlement, les ménages ont perdu 30 % de surface habitable. Ces éléments expliquent en grande partie la baisse de la natalité. » La proposition de loi a été adoptée mardi soir en commission des finances et devrait être examinée à l'Assemblée nationale le 28 mai.

Un dispositif simple et accessible à tous

Constance de Pélichy souhaite un mécanisme universel : « Cette mesure doit accompagner toutes les familles, quels que soient leurs revenus ou leur localisation, que ce soit pour acheter dans l'ancien, le neuf, ou réaliser des extensions. Elle s'adresse aussi bien aux primo-accédants qu'aux seconds accédants. » Toutefois, pour éviter les effets d'aubaine, des garde-fous ont été intégrés en commission : le PTZ ne pourra pas dépasser 50 % du montant de l'achat, et pourra être plafonné jusqu'à 20 % du prix du logement en fonction des revenus et de la zone géographique.

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Quel coût pour l'État ?

Le coût annuel du dispositif est estimé par Bercy à 120 millions d'euros. « L'investissement dans le logement rapporte aussi à l'État, insiste la députée. Un pays qui n'investit pas dans la famille est un pays qui se meurt. » Si la loi est votée, elle pourrait entrer en vigueur en janvier 2027. Cependant, certains experts jugent ce coût sous-évalué. Maxime Chipoy, porte-parole de Meilleurstaux, calcule : « Si 10 % des 646 000 naissances annuelles bénéficient du PTZ, cela coûterait 140 millions d'euros. Si c'est 20 %, l'addition grimpe à 280 millions. Vu l'état des finances publiques, le projet semble peu réaliste. »

Les professionnels de l'immobilier saluent l'initiative

Les promoteurs immobiliers se réjouissent. Didier Bellier-Ganière, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers, déclare : « Nous n'avons jamais eu aussi peu de logements produits qu'au premier trimestre 2026. Ce PTZ pourrait être un coup de pouce, notamment pour les seconds accédants qui ne bénéficient d'aucune aide. Il faudrait toutefois flécher une partie vers le neuf, car la France manque de logements. » Loïc Cantin, président de la FNAIM, estime que des contraintes sont nécessaires : « Les ménages gagnant plus de 50 000 euros sont de plus en plus propriétaires, tandis que ceux gagnant moins de 30 000 euros régressent. L'aide doit profiter en priorité à ces derniers. En revanche, moduler l'aide selon la localisation n'est pas pertinent. »

Des critiques sur le fond

Pour Maxime Chipoy, le problème du logement ne réside pas dans le financement mais dans le coût. « Si les prix ont doublé en vingt ans, ce n'est pas le cas des salaires. Il faut construire moins cher et faire baisser les prix dans l'ancien. Cela passe par une révision des normes toujours plus contraignantes, et par une réflexion sur l'impact de l'encadrement des loyers, du permis de louer ou du diagnostic de performance énergétique sur les prix. »

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