Vol d'un téléphone sur le bureau d'un policier : un geste "inutile et bête" qui retarde la libération
Vol d'un téléphone sur un bureau de policier : un geste absurde

Un geste absurde qui change tout

Ce jeudi 19 février, un Alésien de 39 ans se présente au palais de justice d'Alès, escorté par la police. Pourtant, il aurait dû sortir libre du commissariat la veille. Son parcours judiciaire prend un tournant inattendu à cause d'un acte que son propre avocat qualifiera de "tellement inutile, bête, qu'il y a un problème quelque part".

De la garde à vue au vol impromptu

L'homme, père de deux adolescents et consommateur de cannabis et de cocaïne, avait été placé en garde à vue le 16 février pour usage de stupéfiants dans le quartier des Prés Saint-Jean. Malgré le refus présumé de donner le code de déverrouillage de son téléphone portable, sa libération était prévue pour le lendemain.

Mais avant de quitter les locaux de police, il commet l'irréparable : il s'empare d'un smartphone posé sur le bureau d'un officier de police judiciaire. Ce téléphone appartenait à une victime dans une autre affaire. Rapidement interpellé à nouveau, il est encore trouvé en possession de drogue.

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Le parquet réclame la détention provisoire

Conduit au tribunal pour comparution immédiate, l'homme sollicite d'emblée un délai pour préparer sa défense. Il explique avoir "besoin de soins pour (sa) consommation". Le substitut du procureur, Quentin Larroque, présente un réquisitoire sévère.

Le parquet demande le placement en détention provisoire, soulignant les 17 mentions au casier judiciaire du prévenu et son "incapacité à respecter les règles et à respecter la loi". Le représentant du ministère public évoque même une tentative d'évasion survenue en 2024.

La défense plaide pour une expertise psychiatrique

Me Derbal, l'avocat de la défense, tente de contextualiser le geste de son client : "Il est en garde à vue. Il ne peut pas s'en empêcher. Il le met dans sa poche et part". L'avocat insiste sur la nature absurde du vol : "Ce comportement et les précédentes condamnations m'amènent à dire qu'il est en situation clairement dégradée".

Il réclame alors une expertise psychiatrique, argumentant que son client dispose de garanties de représentation puisqu'il a une adresse fixe chez ses proches, où il est hébergé depuis sa sortie de prison fin novembre.

Le tribunal opte pour le contrôle judiciaire

Le tribunal suit partiellement la défense en accordant l'expertise psychiatrique demandée. Cependant, il rejette la demande de délai et renvoie l'affaire au 27 avril. Le mis en cause est placé sous contrôle judiciaire.

Vincent Edel, président de l'audience, le prévient fermement : "Il faudra venir ; il n'y aura pas d'autre convocation". Interloqué, le prévenu demande : "Du coup, je sors ?". La réponse affirmative fait apparaître un sourire sur son visage, mettant fin à cette audience mouvementée.

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