Le 22 août, vers 11 h 50, rue Salvador-Allende à Alès (Gard), un homme a subtilisé le téléphone d'un jeune homme atteint de trisomie 21. Les images de vidéosurveillance le montrent ensuite dans un commerce de téléphonie, tentant d'extraire la carte SIM de l'appareil. Interpellé peu après avec un complice, il est contrôlé avec 0,57 mg d'alcool par litre d'air expiré. Le second homme est relâché faute d'éléments suffisants.
Des versions changeantes à la barre
À la barre du tribunal d'Alès ce lundi, le prévenu change plusieurs fois de version. « Ce n'était pas moi, il y avait un troisième homme, Ahmed », affirme-t-il d'abord. Face aux images, la présidente de l'audience, Élodie Thebaud, lui rappelle qu'aucune troisième personne n'apparaît. Il assure alors avoir pris le téléphone « par erreur », parce qu'il ressemblait au sien. « Ça pourrait ressembler à un vol », finit-il par reconnaître. « Madame, je suis désolé de ce que j'ai fait. »
L'homme compte cinq mentions à son casier, entre 2018 et 2024, notamment pour vol, recel et conduite sous alcool et sans assurance. Il reconnaît avoir été dépendant à l'alcool et à la cocaïne mais avoir tout arrêté « il y a quelques mois ». Trois jours avant cette audience, il était pourtant contrôlé alcoolisé. « Quand ils m'ont interpellé, j'avais une bière dans les mains. » « C'est quand même un drôle de déjeuner », lui répond Élodie Thebaud.
Une victime traumatisée
Pour Me Joris Numa, avocat de la partie civile, les conséquences sont importantes pour la victime. « On s'en prend aux plus petits, aux plus faibles, aux plus fragiles », dénonce-t-il. Le jeune homme apprend à vivre en autonomie. Depuis les faits, il aurait des difficultés à parler et ne prononcerait plus qu'un mot : « rouge », en référence au tee-shirt du prévenu.
Quentin Larroque, substitut du procureur, fustige « un homme qui s'est cru plus malin que tout le monde et qui présente de fausses excuses aujourd'hui ». En garde à vue, rappelle-t-il, le prévenu avait appelé la victime « le Mongol ». « Celui que la société traîne à ses pieds, c'est vous, pas la victime et son handicap », lance-t-il. « Sur la copie de l'honneur, Monsieur, vous avez un zéro pointé. » Il requiert deux ans de prison, dont un avec sursis.
Une peine alourdie par la révocation du sursis
Avant sa plaidoirie, Me Guillaume Garcia demande à son client de « réfléchir vraiment fort » à la prochaine question. Il lui demande une adresse à laquelle le prévenu pourrait être contacté ou hébergé, dans l'espoir d'une peine à domicile. L'homme donne d'abord celle d'un ami, puis celle de sa mère. Pour l'avocat, son client « s'est très mal défendu ». « Pour un téléphone de 190 €, vous pourriez prendre 20 mois de prison », balance-t-il au prévenu, demandant tout de même une mesure alternative.
Le tribunal en décide autrement. Le prévenu est condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis probatoire. Son précédent sursis de huit mois étant révoqué, il devra finalement purger 14 mois de prison ferme, sans aménagement de peine.



