Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2024, seize singes écureuils ont été dérobés au jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures. Trois hommes, originaires de la cité marseillaise de La Sauvagère, comparaissent ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Toulon pour ce vol hors norme. Sur les seize primates volés, seulement cinq ont été retrouvés, dont quatre dans une cave à Marseille et un dans l'Oise.
Un vol minutieusement préparé
Les singes écureuils, une espèce rare et protégée, ont été capturés alors qu'ils se trouvaient dans leur abri. Les enquêteurs ont retrouvé les empreintes ADN des suspects dans la cave où étaient cachés les animaux. Le conducteur du véhicule aperçu la nuit du vol, âgé de 19 ans, a également été interpellé. Les trois hommes sont mis en examen pour vol en bande organisée, détention et transport d'espèces protégées, et association de malfaiteurs.
Un trafic lucratif sur les réseaux sociaux
Les singes étaient mis en vente sur le marché noir, via Snapchat notamment, pour des sommes allant de 2 500 à 3 000 euros par tête, voire jusqu'à 7 000 euros. Me Séverine Dauzon, avocate spécialisée en droit des animaux représentant le zoo, dénonce un business illégal très lucratif. « Il y a une vraie demande sur le marché noir, notamment à cause de cette mode épouvantable qui consiste à détenir des animaux sauvages en appartement », explique-t-elle.
Des conséquences dramatiques pour les primates
Le directeur du zoo, Jean-Michel Dupuyoo, qui a élevé certains singes au biberon, a vécu des mois anxiogènes. « Tant qu'on n'est pas touché par un choc pareil, on ne peut pas comprendre cette douleur », confie-t-il. Les singes retrouvés n'ont pas pu être réintégrés au groupe car ils ont été rejetés par leurs congénères. « Un singe n'est pas un animal de compagnie, ils ne sont pas domestiques », insiste-t-il.
Une sécurité renforcée et une chaîne de solidarité
Depuis le vol, le zoo a renforcé sa sécurité avec davantage de caméras et des portes solidifiées. Une chaîne de solidarité citoyenne s'est mise en place pour retrouver les primates. Le directeur espère que le procès servira de sensibilisation sur le trafic d'animaux sauvages et l'importance de ne pas les considérer comme des animaux de compagnie.



