Ce mercredi 16 juillet, la présidente de la commission pénale du Barreau de Montpellier, Me Iris Christol, et le sénateur Hussein Bourgi ont effectué une visite surprise des cellules de garde à vue du commissariat central de Montpellier. Cette inspection, rendue possible dans tout lieu de privation de liberté, visait à évaluer les conditions sanitaires après des signalements de tuberculose et d’infestation de punaises de lit au début du mois.
Des protocoles en place mais des risques persistants
Après deux heures de visite, Me Christol et le sénateur Bourgi ont relevé des conditions sanitaires préoccupantes, avec des cas récurrents de gale, de tuberculose et de punaises de lit. « Nous avons vérifié que les protocoles étaient mis en place. Les matelas sont jetés en cas de contamination et les cellules condamnées jusqu’à désinfection. Un tableau l’indique clairement. Une société extérieure intervient par fumigène. Les personnels nous ont assuré que les signalements sont traités. Cependant, les matelas ne sont pas changés systématiquement, ce qui présente un risque de contagion. Les couvertures sont à usage unique », a détaillé l’avocate.
Chaleur étouffante dans les sous-sols
Les fortes chaleurs des dernières semaines aggravent la situation. « Il a fait jusqu’à 34 degrés au sous-sol du commissariat. Des ouvertures ont été installées il y a un an pour l’évacuation de l’air. Dans le local des entretiens avec les avocats, il fait aussi plus de 30 degrés », a précisé Me Christol. Le sénateur Bourgi a toutefois nuancé : « La situation n’est pas aussi catastrophique qu’ailleurs. Quand une entreprise est sollicitée pour traiter une cellule, elle intervient dans la journée. »
Conditions de détention : mineurs et tensions
Au-delà des questions sanitaires, la visite a mis en lumière d’autres problèmes. Les douze cellules sont vitrées, sans surveillance vidéo ni bouton d’appel d’urgence. « Une caméra peut être installée en cas de risque suicidaire, mais encore faut-il le savoir », a souligné l’avocate. La question des mineurs est préoccupante : ils doivent être séparés des adultes, mais la promiscuité rend cela difficile. « Avec jusqu’à 35 gardés à vue à répartir, il n’est pas possible de mettre un mineur seul », a expliqué le sénateur.
Ambiance sonore et tension permanente
Le climat dans les cellules est également tendu, en raison du profil de certains détenus (toxicomanes, personnes souffrant de troubles psychiatriques). « Ce sont les injures, les interpellations d’une cellule à l’autre, un vacarme constant. Aujourd’hui, un seul détenu en dégrisement tambourinait contre sa porte et insultait les policiers. Imaginez quand toutes les cellules sont pleines », a décrit Hussein Bourgi. Me Christol a insisté sur la « tension permanente » que subissent les personnels, qualifiant ces lieux d’« angle mort de la société ». Le sénateur a tenu à saluer le travail des policiers : « Je les ai trouvés sereins et rodés. »



