Violences entre supporters à Bordeaux : trois North Gate jugés pour agression d'un Ultramarine
Ce vendredi 6 mars, le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé en comparution immédiate trois membres des North Gate, groupe de supporters des Girondins de Bordeaux. Ils étaient poursuivis pour des violences aggravées commises le 25 janvier dernier sur un membre des Ultramarines, groupe rival du même club de football. L'affaire a mis en lumière les tensions persistantes entre ces deux factions de supporters.
Un verdict mitigé après des débats animés
Le premier prévenu a été relaxé au bénéfice du doute, le tribunal ayant suivi l'argumentation de son avocat, Me Gaessy Gros, qui estimait que l'accusation reposait sur des bases fragiles. Les deux autres, défendus par Mes Grégoire Mouly et Chloé Sotty, ont reconnu leur participation aux faits. Ils ont été condamnés respectivement à deux ans et trois ans de prison, intégralement assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'à une interdiction de stade de trois ans. Le procureur Mickaël Mercier avait requis de la prison ferme et des mandats de dépôt contre ces hommes âgés de 27 et 29 ans.
Quatre heures de débats sur les rivalités entre supporters
Pendant plus de quatre heures, dans une salle d'audience au public clairsemé mais sous haute surveillance policière, les rivalités entre North Gate et Ultramarines ont été au cœur des discussions. « Quelle est l'intelligence, quel est l'intérêt de se battre alors que l'on soutient le même club ? » a interrogé le procureur, sans obtenir de réponse claire. La présidente du tribunal a souligné que ces faits s'inscrivaient dans des rapports violents et complexes entre les deux groupes, avec des tensions apparues dès la création des North Gate en 2023.
Le profil des prévenus et le récit des événements
À la barre se sont succédé un pompier récemment devenu père, un employé dans le transport passionné de musculation, et un menuisier au chômage. Les deux premiers avaient même été membres des Ultramarines avant de rejoindre les North Gate, et le pompier était un ancien ami de la victime. Selon les déclarations, l'agression a eu lieu dans la nuit du 24 au 25 janvier, après qu'un pacte de non-agression entre les groupes a été rompu suite à une altercation sur une aire de repos. Le pompier a expliqué avoir voulu « avoir une discussion » avec un Ultramarine pour comprendre les provocations constantes, mais les événements ont dégénéré.
Une agression violente et ses conséquences
La victime, attaquée vers 4 h 30 du matin devant son domicile à Cenon par au moins cinq individus masqués, a subi de graves blessures : mâchoire brisée et dix-huit jours d'incapacité de travail. Son avocat, Me Quentin Debril, a dénoncé des « méthodes de voyous, pas de supporters de foot ». En défense, Me Mouly a répliqué qu'il n'y avait pas de gentils d'un côté et de méchants de l'autre, appelant à mettre fin à l'omerta footballistique. Ce procès pourrait contribuer à apaiser ces tensions, mais la question des violences entre supporters reste entière.



