Les violences sexuelles enregistrées par les forces de l'ordre ont bondi de 77 % en juin 2026 par rapport à mai, selon les données provisoires du SSMSI arrêtées au 5 août. Cette hausse, qualifiée en partie d'« artificielle », fait suite à l'affaire Lyhanna, collégienne de 11 ans violée et assassinée dans le Gers début juin. Dans le même temps, les homicides ont nettement reculé de 25 % en juillet, avec 95 faits constatés.
L'affaire Lyhanna provoque une revue massive des dossiers
Le drame de Lyhanna a bouleversé la France. Une plainte contre son agresseur présumé n'avait jamais été traitée. Après plusieurs jours de recherches, le corps de la fillette a été retrouvé sans vie, tuée et violée. Face à l'incompréhension, le ministre de la Justice a ordonné une revue massive des dossiers de violences sexuelles sur mineurs. Des milliers de procédures en attente, parfois oubliées, ont été sorties des tiroirs et intégrées dans les statistiques.
Dans le Var, Lisa, 15 ans, fait partie de ces dossiers. En 2024, à 12 ans et demi, elle a été victime d'un viol. Elle a été auditionnée. Depuis, plus rien. Aucune information sur l'avancement de sa procédure. Deux ans de silence. L'adolescente a pris contact avec un avocat pour que son histoire ne gagne pas les dossiers oubliés. « Que ce qui doit être fait soit fait. Elle en subit toutes les conséquences, mais pas celui qui l'a agressé », commente sa mère.
Hausse des violences physiques intrafamiliales et des cambriolages
Les violences physiques intrafamiliales progressent également : + 6 % en un mois, + 13 % par rapport à mai, + 9 % sur un an. Les cambriolages de logements augmentent de 3 %, tout comme les vols de véhicules (+ 3 %). Les vols violents sans arme progressent légèrement (+ 4 %). Les vols avec armes restent stables à un bas niveau (641 faits). Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement restent massives, avec près de 39 000 faits, mais stabilisées. L'usage de stupéfiants recule un peu, le trafic progresse légèrement.
En revanche, les homicides, y compris coups et blessures suivis de mort, reculent nettement : 95 faits en juillet, soit – 25 % par rapport à juin. Les vols dans les véhicules et les vols d'accessoires baissent également.
L'effet « Lyhanna » : les victimes osent davantage parler
Une partie de la hausse des violences sexuelles est « artificielle ». Beaucoup de faits enregistrés en juin et juillet n'étaient pas récents. Mais l'affaire Lyhanna a poussé d'autres victimes à parler. Des faits anciens sont remontés. Depuis plusieurs années, les plaintes pour atteintes aux personnes augmentent. Les commissariats et brigades de gendarmerie accueillent mieux, mais pas tous, comme l'a aussi révélé l'affaire Lyhanna où la mère d'une victime a été éconduite et traitée de harceleuse. Malgré tout, les victimes osent davantage. On parle plus parce qu'on est un peu mieux écouté. On est mieux écouté parce qu'on parle plus, peut-on résumer.
Les associations disent que les stocks de dossiers restent énormes, les délais trop longs, les places d'hébergement encore insuffisantes. Des situations comme celle de Lisa existent encore. Les chiffres de juillet 2026 disent une chose simple : des milliers de victimes ont enfin été comptées. Certaines après des années de silence. Un drame a forcé l'État à regarder ce qu'il avait laissé de côté.



