Violences conjugales : 132 milliards d'euros par an, un coût colossal pour l'État
Violences conjugales : 132 milliards d'euros par an pour l'État

La plateforme montpelliéraine Opale Care dénonce le poids économique des violences conjugales, qui coûteraient 132 milliards d'euros par an aux finances publiques, soit l'équivalent du déficit public prévu en 2025. Selon les estimations de la plateforme, le coût annuel des violences conjugales atteindrait 132 milliards d'euros, soit l'équivalent du déficit public prévu pour 2025. À l'inverse, un investissement de 1,5 milliard d'euros dans la prévention permettrait, selon elle, d'économiser 87 fois plus.

107 femmes tuées par leur conjoint en 2024

Les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par un partenaire ou ex-partenaire en 2024. Mais seules 14 % des victimes déclarent les faits, selon l'enquête Vécu et Ressenti en matière de Sécurité (VRS). L'estimation réelle grimpe ainsi à près de 1,94 million de personnes victimes chaque année. Les données concernant les décès confirment l'ampleur du phénomène : selon la Miprof, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint en 2024, et 906 suicides forcés ont été recensés, soit une hausse de 17 %. Au total, trois femmes meurent chaque jour sous les coups de leur compagnon ou par suicide forcé.

Chaque victime représente 68 000 euros de dépenses pour l'État

Les coûts pour l'État concernent la justice, la santé, la protection sociale, les arrêts maladie ou encore les impayés de pensions alimentaires. "Il faut donc ouvrir les yeux : notre système judiciaire tant décrié pour sa lenteur est en fait directement affaibli par le traitement des violences intrafamiliales et sexuelles. Jusqu'à quand ? Pour quel coût ?" interroge Vigdis Morisse-Herrera, fondatrice d'Opale Care. Selon la plateforme, chaque victime représente en moyenne 68 000 euros de dépenses pour l'État. Multiplié par près de deux millions de victimes annuelles, le total atteint 132 milliards d'euros par an. Un montant qui, souligne Opale Care, excède largement celui de nombreuses réformes imposées au nom de la rigueur budgétaire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un impact massif sur la justice, la santé et la protection sociale

Les répercussions économiques sont multiples :

  • Frais de justice, dont divorces, jugements pénaux et incarcérations. Le ministère de la Justice rappelle que six infractions criminelles sanctionnées sur dix sont des viols.
  • Coûts de santé : passages aux urgences, hospitalisations, traitements, soins psychologiques et psychiatriques, ainsi que les pathologies chroniques liées aux violences.
  • Pertes de productivité et arrêts de travail, pris en charge par la Sécurité sociale.
  • Dépenses sociales, dont hébergements d'urgence, aides au logement, RSA, prise en charge des enfants par l'Aide sociale à l'enfance.
  • Impacts économiques de l'impayé des pensions alimentaires, qui se répercutent sur la collectivité via l'Allocation de soutien familial.

Un investissement en prévention jugé urgent

Les associations féministes réclament un budget annuel de 1,5 milliard d'euros pour lutter contre les violences conjugales, selon le modèle espagnol. Opale Care rappelle qu'"un euro dépensé en prévention pourrait économiser jusqu'à 87 euros de dépenses sociétales". Le calcul, selon l'organisation, confirme que la France investirait bien 87 fois moins que les pertes actuelles. Alors que des arbitrages stricts sont demandés aux Français, la plateforme Opale Care estime que la lutte contre les violences conjugales devrait devenir un enjeu politique majeur, d'autant que les femmes représentent 52 % du corps électoral.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale