Depuis le 1er mai 2026, la municipalité de Vinon-sur-Verdon, dans le Var, a interdit la vente à emporter de toutes boissons alcoolisées entre 21h et 6h. Cette mesure, qui s'étend jusqu'au 31 octobre 2026, vise à lutter contre les nuisances sonores nocturnes et l'abandon de déchets, notamment sur l'avenue de la Libération. Si le maire Claude Cheilan se dit convaincu de son efficacité, plusieurs habitants restent sceptiques.
Un arrêté pour répondre aux plaintes des riverains
L'arrêté municipal, pris par le maire Claude Cheilan, répond aux plaintes récurrentes des administrés concernant « une atmosphère troublée » dans le secteur de l'avenue de la Libération. Les riverains dénoncent des nuisances sonores nocturnes et l'accumulation de détritus, comme l'explique André, habitant de la rue Grande : « Ce n'est pas tous les jours, mais parfois, le matin, je retrouve une rue sale. Il y a des canettes de bière et des bouteilles de vodka par terre. Malheureusement, c'est un peu devenu un coin poubelle. »
La mesure, qui s'applique aux commerces de vente au détail de produits alimentaires, a été pensée pour la période estivale. Claude Cheilan justifie ce choix : « C'est en été que les risques d'ivresse augmentent car les gens sortent davantage pendant cette saison. » Il évoque également une problématique de santé et de tranquillité publique : « La plupart des gens dorment la fenêtre ouverte et le moindre bruit peut très vite dégrader et gâcher leur sommeil. »
Des contrôles renforcés mais des doutes persistants
Le maire précise avoir été interpellé par des administrés inquiets de « la présence d'adolescents ivres » sur l'espace public, pouvant parfois se terminer en « rodéo urbain ». Il a donc décidé de « renforcer les contrôles de gendarmes aux abords de ces épiceries, qui ont par ailleurs compris notre démarche et accepté de coopérer ». Après quatre mois d'application, Claude Cheilan souhaite reconduire l'opération l'année prochaine.
Cependant, du côté des habitants, l'enthousiasme est mesuré. Marco, habitant de Vinon-sur-Verdon, trouve que « la décision de monsieur le maire n'est pas absurde, car cela peut avoir un effet dissuasif », mais reste perplexe : « Si les personnes concernées sont un peu malignes, elles ont juste à acheter l'alcool avant 21h et le consommer ensuite. C'est pour cela que je trouve que l'arrêté laisse à désirer. »
Des riverains demandent des actions complémentaires
Stéphanie, installée sur l'avenue de la Libération depuis 27 ans, ne comprend pas pourquoi seules 2 épiceries sont ciblées. Elle témoigne : « À une dizaine de mètres de chez moi, il y a une petite supérette souvent ouverte jusqu'à 1h du matin. En soi, ce n'est pas le magasin qui pose problème, mais certains de ses clients. » Selon elle, les nuisances s'accentuent vers 22h : « Ce sont généralement des jeunes qui arrivent en voiture. Ils s'arrêtent en plein milieu de la route et si le gérant est occupé, ils se mettent à hurler et klaxonner. »
L'habitante déplore aussi le manque de présence policière et l'installation d'un nouveau banc à l'intersection entre l'esplanade le Cours et l'avenue de la Libération, qui « se transforme certaines nuits en lieu de squat ». Elle conclut : « Je ne suis pas totalement sereine lorsque je sors de chez moi. Je trouve que ce n'est plus le village paisible qu'on a connu il y a 20 ans. »
Édouard, un autre riverain du centre-ville, estime que « interdire la vente d'alcool à emporter à partir d'une certaine heure, c'est une bonne idée mais je pense que ça ne suffit pas ». Il déplore également « des poubelles souvent débordantes et rarement vidées » et appelle à une prise de conscience collective : « Je pense que tous les habitants du village devraient se sentir concernés par l'hygiène de nos rues. C'est surtout une question de mentalité. »



