Éviction d'une enseignante à Béziers : un parent d'élève porte plainte
Éviction d'une enseignante à Béziers : plainte déposée

L'éviction d'une enseignante suppléante de l'école primaire Charles-de-Foucauld, à Béziers, suscite de vives tensions entre la direction, le rectorat et les parents d'élèves. Alors que le contrat de l'institutrice a pris fin le 5 avril, le non-renouvellement de sa mission pour la rentrée du 4 mai cristallise les mécontentements. Un parent mis en cause a annoncé le dépôt d'une plainte pour menaces, dans un climat scolaire fortement dégradé.

Le directeur de l'établissement se défend

Le directeur de l'établissement, Pierre Martinon, a tenu à préciser : "Sur le plan juridique, l'enseignante n'a pas fait l'objet d'une mise à pied. Son contrat arrivait à échéance le 5 avril et je n'ai jamais affirmé qu'elle serait présente pour la rentrée du 4 mai. En revanche, j'ai renouvelé une demande de réinstallation de celle-ci pour la rentrée. À ce jour, je reste dans l'attente de la décision du rectorat, qui a seule autorité compétente pour nommer les enseignants dans les établissements privés sous contrat d'association avec l'État."

Le départ forcé de l'enseignante

Ce que personne ne comprend, à l'école, c'est pourquoi, dans un premier temps, l'institutrice a dû quitter son poste, puis est revenue devant les élèves pour apprendre finalement qu'elle devait définitivement quitter l'établissement. "Elle est revenue en larmes devant les élèves, qui ont tous pleuré de la voir dans cet état. C'est, je pense, une erreur d'avoir laissé faire ça", explique une mère d'élève sous couvert de discrétion.

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Le parent d'élève concerné dépose plainte

Désormais, le père d'élève pointé du doigt pour avoir collaboré à l'enquête sur l'enseignante tient, lui aussi, à donner sa version. "Quoi que racontent certains, je n'ai rien contre cette institutrice. J'ai été convoqué par un inspecteur d'académie pour répondre à des questions en tant que parent d'élève. Rien de plus. J'ai répondu, mais il m'a semblé que la décision concernant cette enseignante était déjà prise. Je n'ai parlé qu'en mon nom et, aujourd'hui, je me trouve menacé et insulté. Même mon épouse a été contrainte d'annuler sa participation à une sortie scolaire pour éviter d'être malmenée par d'autres parents. Pour en terminer avec tout ça, je suis contraint de déposer une plainte afin que la justice dise ce qui s'est réellement passé et mes enfants quitteront cet établissement. C'est tout à fait déplorable."

L'image de l'école ternie

Lundi 27 avril, le directeur de l'établissement a confirmé, auprès des parents d'élèves, que l'institutrice ne verrait pas son contrat de travail renouvelé. Il avait déjà donné le nom de la remplaçante au début des vacances scolaires. "Nous ne comprenons pas que tout cela ait pris de telles proportions", déclare une autre mère d'élève. "On énumère les griefs qui sont retenus contre cette enseignante en reconversion professionnelle. Elle reconnaît avoir haussé le ton, mais aussi avoir pris un sifflet pour faire revenir le silence. Et alors ! C'est aussi ce que confirment les petits. Pour le reste, c'est à l'ancienne institutrice qu'il convient de s'adresser. Dans cette histoire, certains ont manqué d'étoffe pour prendre et imposer les bonnes décisions. Ce n'est pas aux associations de diriger l'école. C'est très décevant. Nous sommes nombreux à penser que tout cela n'aurait jamais dû arriver. Nous avons organisé une sortie avec l'institutrice. Je peux assurer que les enfants n'ont jamais montré la moindre crainte envers elle. Lundi prochain, il va falloir leur expliquer qu'ils ne verront plus leur maîtresse. Tout ça aurait pu se faire à la fin de l'année sans que l'image de l'école soit ternie. C'est honteux."

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Le rectorat suit le dossier

De son côté, le rectorat a communiqué sur la situation en cours : "Les services académiques sont pleinement informés de la situation au sein de cet établissement et suivent l'évolution du dossier avec une attention particulière. L'enseignante concernée exerçait en tant que maître déléguée. Son contrat est arrivé à son terme au début du mois d'avril. À la suite d'un signalement effectué par des parents d'élèves, une inspection a été diligentée dès les premiers jours d'avril afin d'éclaircir les faits. Le rapport d'inspection a été remis aux services académiques. Des mesures administratives appropriées seront prises dans les plus brefs délais au regard des conclusions et des préconisations de ce rapport. L'institution veille prioritairement à la sérénité du climat scolaire et au bon déroulement des enseignements pour l'ensemble des élèves."