Affaire de Vic-la-Gardiole : une mère se bat pour sa fille exclue du dossier judiciaire
À Vic-la-Gardiole, dans l'Hérault, l'enquête sur de possibles actes de pédophilie à l'école maternelle se poursuit avec 22 plaintes validées, mais six ont été écartées. Parmi elles, celle de Stéphanie, une mère qui accuse l'ancienne assistante maternelle, Annie F., d'avoir commis des viols et agressions sexuelles sur des enfants de 3 et 4 ans durant l'année scolaire 2024-2025.
"Ma fille n'a pas pu inventer", affirme Stéphanie
Stéphanie, une quadragénaire, exprime son désarroi et sa détermination. "Je ne lâcherai rien, ce que m'a dit ma fille est précis, je sais ce qu'elle a subi, elle n'a pas pu inventer des choses pareilles. Il faut qu'il y ait une justice pour elle", déclare-t-elle. Elle a déposé plainte en août 2025 après que sa fille a décrit des gestes inappropriés, comme des doigts au niveau du pubis ou des jeux sexuels dans le dortoir.
L'Atsem, Annie F., sous contrôle judiciaire, nie toutes les accusations. L'enquête a été relancée en janvier avec 13 nouvelles plaintes transmises au juge d'instruction, mais le dossier de Stéphanie n'a pas été retenu. "Mon avocat m'a appelé en me disant que ma fille était écartée du dossier, ça a été un cataclysme, j'étais effondrée, c'est incompréhensible", relate-t-elle.
La question de la "contamination" de la parole des enfants
Dans cette affaire sensible, les autorités judiciaires s'interrogent sur une éventuelle "contamination" de la parole des enfants via des groupes de discussion entre parents début juillet 2025. Stéphanie assure n'avoir pas influencé sa fille, qui lui a révélé des détails troublants, comme "elle ne devait pas dire le secret sinon j'allais mourir en allant au travail".
Sa fille a été entendue par des enquêteurs spécialisés selon le protocole Mélanie, mais n'aurait rien dit contre l'Atsem lors de cet entretien. Depuis, aucune expertise médicolégale ou psychologique n'a été réalisée, et Stéphanie se sent abandonnée. "C'est un sentiment d'abandon et l'impression d'être oublié par la justice", déplore-t-elle.
Une plainte avec constitution de partie civile en préparation
Pour relancer les poursuites, l'avocat de Stéphanie, Me Abratkiewicz, prépare une plainte avec constitution de partie civile directement auprès du juge d'instruction. "Depuis le dépôt de plainte, rien ne se passe, elle n'a pas été informée que les faits ont été, semble-t-il, classés sans suite, c'est un naufrage judiciaire", dénonce-t-il.
Stéphanie reste déterminée à obtenir justice. Elle prévoit de témoigner dans l'émission Ça commence aujourd'hui sur France 2 fin mars et envisage des actions radicales si nécessaire. "Quitte à faire une grève de la faim et m'attacher devant l'école… Mais j'espère ne pas en arriver là", confie-t-elle.
L'affaire continue de secouer la communauté de Vic-la-Gardiole, avec des parents partagés entre peur et confiance pour la rentrée scolaire. Les autorités éducatives et judiciaires restent sous pression pour clarifier les responsabilités et assurer la sécurité des enfants.



