Var : hausse inquiétante des accidents de plongée en 2025, 4 décès recensés
Var : accidents de plongée en hausse, 4 morts en 2025

Le Var, épicentre français des accidents de plongée

Le Var, déjà célèbre pour son tourisme, son rosé et son ensoleillement, confirme également sa position de leader national en matière de plongée sous-marine. Cette activité attire des milliers d'adeptes chaque année, notamment grâce au parc national de Port-Cros et à la présence d'une quinzaine d'épaves historiques des Première et Deuxième Guerres mondiales, reposant entre 40 et 60 mètres de profondeur au large des îles d'Or. Ces atouts naturels et historiques font du département une destination prisée par les plongeurs venus de toute l'Europe.

Des chiffres alarmants en 2025

En France, environ 400 000 plongées sont réalisées annuellement, avec une concentration notable dans le Var où 120 clubs locaux profitent de cette manne économique. Cependant, cette popularité a un revers préoccupant : le département concentre plus de 50 % des accidents de plongée recensés dans le pays. En 2024, 136 accidents, dont quatre mortels, avaient déjà été signalés, un chiffre en nette augmentation par rapport aux années précédentes où ils ne dépassaient pas 80 avant 2020. L'année 2025 a vu une aggravation de cette tendance, avec 182 accidents recensés, dont quatre décès.

« C'est quatre décès de trop mais aucune plongée n'est sans risque », souligne Joséphine Guigliano-Boutonnet, directrice de cabinet du préfet du Var, tout en reconnaissant les dangers inhérents à cette pratique.

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Les causes multifactorielles de cette hausse

Plusieurs éléments expliquent cette augmentation significative. « C'est dû à deux facteurs importants : la météo et les nombreux ponts de mai », analyse Peggy Froger, directrice régionale adjointe de Jeunesse et Sport dans le Var. Elle précise que durant ces périodes, de nombreux clubs extérieurs au Var ont afflué vers les sites d'épaves, entraînant une surcharge d'activité. Les pratiquants, parfois peu expérimentés ou irréguliers, ont enchaîné des plongées profondes dans des eaux froides, augmentant les risques.

Trois des quatre décès de l'année sont survenus lors des ponts de mai, et plus de 50 % des accidents se sont produits lors de plongées sur épaves. Eric Frasquet, représentant du syndicat national des moniteurs de plongée, ajoute un autre facteur : « La plongée loisirs date des années 1980 et les pionniers ont aujourd'hui 60 ans et plus ». Le vieillissement des pratiquants, plus susceptibles de malaises, contribue ainsi à la hausse des incidents.

Des initiatives pour améliorer la sécurité

Face à cette situation, les professionnels varois de la plongée ont organisé une journée d'échanges avec les acteurs de la chaîne de secours au palais des sports de Toulon. L'objectif est de réduire les délais d'intervention. « L'objectif est de ne pas dépasser 2 heures entre l'alerte et la mise en caisson hyperbare du plongeur », explique Aymeric le Masne de Chermont, directeur du Cross-Med. Une intervenante du Samu de coordination médicale maritime insiste sur l'ambition locale : « Mais ici dans le Var, l'objectif est de se rapprocher au maximum du délai d'une heure ».

Malgré ces efforts, les experts prévoient une poursuite de l'augmentation des accidents dans les années à venir, soulignant la nécessité de renforcer la prévention et la formation des plongeurs pour limiter les risques dans cette activité à haut potentiel touristique mais non dénuée de dangers.

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