Depuis deux ans, Sébastian, habitant de Saint-Maximin dans l'Oise, vit un véritable calvaire administratif. Victime d'une usurpation d'identité liée à un ancien permis de conduire suédois expiré, il a vu des centaines d'infractions routières lui être attribuées partout en France, pour un total de près de 43 000 euros d'amendes.
Un avis à tiers détenteur de plus de 7 000 euros
Le cauchemar commence le 4 mars 2024, lorsque le couple reçoit un avis à tiers détenteur de plus de 7 000 euros, suivi d'une saisie de près de 1 900 euros sur leur compte joint. En demandant un bordereau détaillé, ils découvrent des infractions commises dans plusieurs villes : stationnements gênants, excès de vitesse, refus de priorité, usage du téléphone au volant. Pourtant, aucune contravention n'avait été reçue à domicile.
Au même moment, Sébastian perd des points sur son permis sans explication. Il dépose plainte en avril 2024 à Creil, et les policiers constatent des incohérences : des infractions à quelques minutes d'intervalle dans des villes distantes de centaines de kilomètres.
Un interminable casse-tête administratif
Malgré l'évidence, les procédures s'accumulent. De nouvelles saisies arrivent chez les employeurs et à la MSA. Le couple découvre des amendes à Paris, Beauvais, Pontoise, Grasse, Rouen ou Rosny-sous-Bois. À chaque notification, le même marathon : demander un bordereau, informer le commissariat, écrire à l'officier du ministère public, transmettre les documents à la trésorerie. Le dossier compte plus de 400 pièces.
Si la quasi-totalité des sommes a été remboursée et les amendes annulées, Sébastian n'a récupéré que cinq points sur douze. L'angoisse persiste : « On vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », confie-t-il.
L'incertitude persiste
Le couple ne sait pas si l'usurpation est terminée. Sébastian consulte son solde de points tous les jours, craignant l'invalidation de son permis, indispensable à son travail. Après avoir récupéré tous ses points début 2026, il est redescendu à cinq sans explication. « C'est hyper anxiogène », dit-il.
Pour dédramatiser, le couple en rit : « Maintenant, quand on voit quelqu'un griller un feu rouge, je demande à Sébastian s'il veut recevoir l'amende », plaisante Anne. Mais l'angoisse reste, en attendant une réponse définitive des autorités.



