Le tribunal de Rodez a jugé mardi un jeune homme de 19 ans, multirécidiviste, pour des vols et une tentative de vol commis le 12 juillet à Millau. Il a été condamné à un an de prison ferme, avec révocation de son sursis et interdiction de port d'armes pendant cinq ans.
Des faits qui s'ajoutent à un lourd passé judiciaire
Le prévenu, déjà condamné à deux ans de prison avec sursis, a comparu en comparution immédiate. La juge Blandine Arrial a souligné le caractère exceptionnel de son casier judiciaire, qui remonte à 2020. Les faits se répètent : vols, dégradations, menaces de mort sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants.
L'audience : des excuses absentes
À la barre, le jeune homme, originaire de Villefranche-de-Rouergue et hébergé dans un foyer à Millau, a peiné à s'exprimer. Interrogé sur ses motivations, il a répondu : « Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Ça m'a pris comme ça. » La juge a estimé que l'alcool servait d'excuse et a rappelé que la justice des mineurs lui avait déjà tendu la main en vain.
Le prévenu a nié les faits en garde à vue, puis a déclaré : « J'essaie de me réinsérer, j'ai fait des conneries, j'assume. » Il n'a eu aucun mot d'excuse pour les deux jeunes filles présentes à l'audience avec leurs parents, dont la procureure a salué le courage.
Les réactions des parties
Me Anne-Sophie Monestier, avocate des plaignantes, a exprimé sa stupéfaction : « Cela fait six ans que je connais son parcours. On lui a tendu la perche. Il n'écoute rien, indifférent et condescendant. » La procureure a renchéri : « Il se cache derrière l'alcool, il ne prend pas conscience. »
La défense, assurée par Me Arnaud Cagnac, a mis en avant les conditions familiales difficiles du jeune homme : un père alcoolique, une mère en prison. Il a plaidé pour un manque de maturité, tout en reconnaissant que sa tâche n'était pas aisée.
La décision du tribunal
La juge a suivi en partie les réquisitions du parquet : un an de prison ferme, révocation du sursis, interdiction de port d'armes pendant cinq ans. Elle n'a pas retenu l'interdiction de séjour à Millau. Le prévenu devra verser 500 euros de dommages et intérêts et 800 euros aux plaignantes.



