Sainte-Maxime : trois Belges condamnés pour vol de montre, la saison des tocantes démarre
Trois Belges condamnés pour vol de montre à Sainte-Maxime

Sainte-Maxime : la saison des vols de montres s'ouvre avec une condamnation

Le tribunal correctionnel de Draguignan a rendu son verdict ce mardi, condamnant trois individus originaires de Belgique à des peines de sursis pour un vol de montre survenu vendredi dernier à Sainte-Maxime. Cet épisode marque le début de la saison estivale des vols de tocantes dans le golfe de Saint-Tropez, où plus de trente montres de luxe sont dérobées chaque année selon les chiffres du parquet.

Un vol rapide en bord de mer

Vendredi après-midi, Gérald, un retraité dont le prénom a été modifié, se promenait avec son chien Tito le long du littoral maximois lorsqu'il a été abordé par Naoufel et Mohamed. « Ils m'ont demandé le prénom du chien, raconte la victime au tribunal. Pendant que l'un jouait avec Tito, l'autre m'a pris le bras et m'a arraché la montre. Ils sont partis en courant. » Les voleurs, croyant s'emparer d'une Rolex, ont en réalité dérobé une simple Seiko d'une valeur de 350 euros.

Aussitôt après le vol, les deux hommes ont rejoint une Mercedes S300 couleur bronze conduite par Laurentiu, un véhicule qui n'est pas passé inaperçu dans les rues de Sainte-Maxime. Quelques heures plus tard, le trio a été repéré à Saint-Tropez par les gendarmes, et la montre a été retrouvée dans l'accoudoir de la voiture. « Je remercie les gendarmes, ils ont été très réactifs, insiste Gérald. Parce que franchement, ça fait peur tout ça. »

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Des motivations diverses et une organisation rudimentaire

Les prévenus ont présenté des versions divergentes de leur présence dans le Var. Naoufel affirme être venu en touriste, tandis que Mohamed explique être en route pour Barcelone afin de récupérer de l'argent avant une opération du dos. Laurentiu, quant à lui, indique avoir répondu à une annonce sur Telegram proposant de transporter deux « spécialistes en montres de luxe » dans le sud de la France pour 600 à 800 euros, sans savoir qu'il s'agissait de vols.

Lors de l'audience, la procureure Inès Papin a souligné une certaine organisation : « Malgré les déclarations parfois absurdes des prévenus, nous avons quand même un début d'organisation et des rôles définis. Il y a eu repérage, distraction de la victime puis fuite à bord d'un véhicule. Ils sont clairement venus ici pour commettre des vols. » Elle a requis deux ans d'emprisonnement avec maintien en détention et une interdiction du territoire pour chacun.

La défense plaide la légèreté et l'individualisation des peines

Les avocats de la défense ont vivement contesté ces réquisitions. Me Eve-Marie Hoël, représentant Laurentiu, a déploré : « La saison des vols a commencé, et le ministère public veut donner le ton. Ce ne sont pas des bandits de grands chemins et ce n'est pas à mon client de payer les pots cassés de la politique pénale par prévention du parquet. » Me Sabrina Ameur-Meddah, défendant Naoufel, a insisté sur l'absence de préméditation, rappelant que la victime avait même témoigné que Naoufel avait levé les bras en s'exclamant « qu'est-ce que tu fais » lors du vol.

Verdict : sursis et interdiction du territoire

Le tribunal a finalement penché du côté de la défense, qualifiant l'affaire de « faux départ » selon les termes de Me Hamdi Ben Ali. Les trois prévenus ont été condamnés à un an de prison avec sursis simple, une amende de 1 000 euros chacun, et une interdiction du territoire français pendant deux ans. Ils devront également verser 1 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à la victime.

Ce jugement intervient alors que les autorités alertent régulièrement sur la recrudescence des vols de montres de luxe dans la région avec l'arrivée des beaux jours, un phénomène comparé aux moustiques-tigres par sa saisonnalité. Les forces de l'ordre restent vigilantes face à ces délits qui ciblent souvent les touristes et résidents aisés du golfe de Saint-Tropez.

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