Le tribunal d’Alès a condamné un homme à trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, pour avoir violenté sa compagne et deux gendarmes à Saint-Ambroix le 22 août. Le prévenu, sans domicile fixe et au casier judiciaire chargé, devra également verser 800 euros à chacun des deux gendarmes blessés.
Des violences conjugales et des coups portés aux gendarmes
Lors de l’audience du 24 août, le prévenu a reconnu les faits en évoquant son alcoolisation : « Je sais, hésite le prévenu. J’étais alcoolisé, ça n’excuse pas tout… » La présidente de l’audience, Elodie Thébaud, l’a interrompu : « Ça n’excuse même rien ! »
Les faits remontent au 22 août à Saint-Ambroix. Deux gendarmes ont remarqué une femme alcoolisée près d’une pharmacie. Celle-ci a affirmé avoir été frappée par son compagnon. Les militaires ont constaté des traces de strangulation et plusieurs blessures. Le couple, sans domicile fixe, vivait alors dans une tente. À la demande de la victime, les gendarmes l’y ont ramenée, mais le prévenu était absent. Peu après, la femme a rappelé les militaires, assurant être en danger. À leur arrivée, le prévenu, virulent, les a insultés et a lancé une pierre à la tête de l’un d’eux. Il a également blessé un second gendarme lors de son interpellation.
Une relation toxique et un prévenu « violent »
À la barre, l’homme a affirmé que sa compagne aurait commencé par le frapper alors qu’il était sur son téléphone, avant qu’il ne lui donne une gifle puis la « pince ». La présidente l’a recadré : « Un mot doux pour dire que vous l’étrangliez. » Elle a évoqué une « relation toxique » et lui a demandé : « Pourquoi vous ne partez pas ? » Le prévenu a répondu que sa compagne l’empêchait de partir et le frappait lorsqu’il tentait de s’éloigner. « Je n’ai pas de carte d’identité, ni de compte bancaire. Tout mon argent va sur le sien. Je ne sais pas faire de papier… » Elodie Thébaud a objecté : « Il y a des gens et des services pour se faire aider. »
Pour les violences contre les gendarmes, l’homme a invoqué la peur pour son chien, également gazé lors de l’intervention. Il compte onze mentions à son casier judiciaire entre 2012 et 2024, notamment pour recel, vol et usage de stupéfiants. Sans domicile ni ressources, il dit souffrir de dépression.
Un homme « emporté par la violence »
Le substitut du procureur, Quentin Larroque, a décrit un homme « emporté par la violence ». « Si vous l’écoutez, il a toujours de bonnes raisons d’être violent. Il n’y en a pas », a-t-il asséné. Il a requis trois ans de prison ferme avec maintien en détention.
En défense, Me Garcia a évoqué une « ambiance toxique réciproque », estimant que son client aurait « le monopole de la violence physique » tandis que sa compagne exercerait une « emprise intellectuelle ». Il a demandé de la clémence. Le tribunal a suivi les réquisitions et condamné le prévenu à trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire. Il devra également verser 800 euros à chacun des deux gendarmes constitués partie civile.



