Montpellier : le trafic de drogue paralyse le quartier Figuerolles, les habitants en détresse
Trafic de drogue à Figuerolles : les habitants sous pression

Montpellier : le trafic de drogue asphyxie le quartier Figuerolles

Le trafic de stupéfiants a littéralement pris possession du quartier Figuerolles à Montpellier, transformant le quotidien des habitants en un véritable calvaire. Les guetteurs et vendeurs de drogue se sont installés comme chez eux, notamment dans le parc de la Guirlande et le square du Père-Bonnet, créant un climat d'insécurité permanent.

Une situation qui s'est radicalisée

Prégnant depuis de nombreuses années, le trafic de drogue dans ce secteur de Montpellier a connu une nette radicalisation selon les témoignages des riverains. Sébastien Cote, l'adjoint chargé des questions de sécurité au sein de la majorité municipale, ne mâche pas ses mots : "La cité Gély, c'est l'un des points de deal les plus importants d'Occitanie !"

Cette situation est connue de tous les acteurs concernés : habitants, municipalité, Police nationale et préfecture. Pourtant, malgré cette connaissance partagée, le problème persiste et s'aggrave, prenant les atours d'un tonneau des Danaïdes impossible à vider.

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Le parc de la Guirlande : une porte verrouillée par les dealers

Le parc de la Guirlande, autrefois un espace agréable pour les familles, est devenu un point névralgique du trafic. Une mère de famille a décrit dans une lettre circonstanciée adressée à la municipalité son quotidien devenu insupportable : "Ces derniers temps, je me sens en insécurité. Beaucoup de guetteurs, certes, mais surtout un blocage de la sortie du parc au niveau cité Gély."

Elle raconte comment des individus, souvent différents, maintiennent la porte fermée avec des cadenas ou des loquets, obligeant les riverains à faire des détours pour accéder à l'école. "Il me semble impensable de céder la place aux dealers", affirme-t-elle avec détermination.

Une présence policière constante mais insuffisante

Face à cette situation, Sébastien Cote réfute toute forme d'abandon de cette partie de la ville. "Il faut se montrer, ne pas perdre de terrain, et être présent. Plus on l'est, plus ils sont inquiets", explique-t-il en référence aux vendeurs de stupéfiants et leurs guetteurs.

La municipalité affirme mener des opérations régulières avec la police municipale et la police nationale. "Rien que la semaine du 10 février, nous avons mené trois opérations, détruits des points de deal... Il n'y a pas une journée sans des passages des polices. Actuellement, c'est tous les deux jours", précise l'élu.

Pourtant, cette présence policière reste difficile à maintenir de façon pérenne. Sébastien Cote reconnaît que "la solution est entre les mains de la Police nationale et de l'État", tout en affirmant que la municipalité ne compte pas abandonner le parc de la Guirlande.

Le square du Père-Bonnet : une fermeture controversée

À quelques centaines de mètres du parc de la Guirlande, le square du Père-Bonnet connaît des problèmes similaires. La municipalité a annoncé sa fermeture, une décision qui a provoqué la réaction de l'Association des Jardins Agroécologiques Partagés (Ajap).

Cette association, gestionnaire des parcelles du lieu et organisatrice de distributions alimentaires dans le quartier, s'oppose à la fermeture pure et simple. Elle propose plutôt la mise en place d'un lieu mobile destiné aux consommateurs de drogues.

Face à cette opposition, la Ville a consenti à rencontrer les membres de l'Ajap le 5 mars prochain pour évoquer ce dossier. Parallèlement, une réunion de quartier autour de cette problématique se tiendra le 11 mars à la Carmagnole.

Des perspectives d'avenir incertaines

Malgré la gravité de la situation, la municipalité affiche sa détermination à ne pas abandonner ces espaces publics. "Le printemps va revenir, nous y avons prévu beaucoup de manifestations publiques avec les associations. Et le chantier de la maison pour tous va aussi bientôt démarrer. Ce parc, il est impossible de l'abandonner !", insiste Sébastien Cote.

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Les habitants du quartier Figuerolles, quant à eux, attendent des actions concrètes qui permettront de retrouver la tranquillité et la sécurité dans leurs espaces de vie quotidienne. La balle est désormais dans le camp des autorités pour trouver des solutions durables à ce problème qui mine la qualité de vie de tout un quartier montpelliérain.