Un réseau de trafic de cocaïne démantelé entre la Guyane et Bordeaux
Six personnes impliquées dans un vaste trafic de cocaïne ont été écrouées ce lundi 23 mars. Parmi elles figurent la tête présumée du réseau, des mules chargées du transport et des revendeurs locaux opérant dans la région bordelaise. Cette affaire met en lumière un trafic sophistiqué reliant la Guyane à la Gironde, démantelé après huit mois d'investigations intensives.
Des soupçons du voisinage aux arrestations
Les allées et venues fréquentes dans un appartement de la rue Malbec à Bordeaux ont fini par intriguer le voisinage. Une confidence, parvenue aux oreilles de la police à la fin du mois de juillet 2025, a confirmé l'existence d'un trafic de drogue actif dans ce secteur. Les investigations, confiées au Service local de police judiciaire (SLPJ) de la division centre, ont permis de démanteler un vaste réseau criminel organisé entre la Guyane et la Gironde.
Interpellations en gare et mode opératoire rodé
Mercredi 18 mars 2026, une femme a été interpellée en gare Saint-Jean à Bordeaux, à la descente d'un TGV en provenance de Paris. Elle transportait des ovules de cocaïne qu'elle avait ingurgités, une méthode risquée mettant sa vie en danger. Cette mule était attendue par deux revendeurs locaux, chargés de la conduire dans un appartement pour qu'elle expulse la drogue. Ces deux complices ont également été arrêtés sur place.
Tous les trois appartenaient à la structure mise en place par le résident de la rue Malbec, un jeune homme de 23 ans déjà condamné pour trafic de stupéfiants. Placé sous surveillance électronique dans le cadre d'une détention à domicile, ce chef de réseau, originaire de Guyane, recrutait des mules dans la région de Cayenne. Il leur demandait d'avaler des ovules de cocaïne avant de prendre un avion pour Paris, puis un train jusqu'à Bordeaux.
35 kilos écoulés et 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires
Ce mode opératoire parfaitement rodé a permis à la tête de réseau d'écouler environ 35 kilos de cocaïne au cours des deux dernières années. Le trafic a généré un chiffre d'affaires estimé à près de 1,5 million d'euros. La drogue, achetée 4 000 euros le kilo en Guyane, était revendue au prix de 50 euros le gramme autour de la gare Saint-Jean et du quartier des Capucins à Bordeaux, où les revendeurs exerçaient leurs activités.
Huit suspects interpellés et saisies importantes
Après huit mois d'enquête minutieuse, les policiers du SLPJ ont interpellé huit suspects en lien avec ce trafic. Sept d'entre eux ont été déférés au parquet ce lundi 23 mars, à l'issue de leur garde à vue. Six ont été placés sous mandat de dépôt et écroués au centre pénitentiaire de Gradignan, marquant une étape cruciale dans la lutte contre ce réseau criminel.
Les investigations ont également permis la saisie de 11 kilos de résine de cannabis, démontrant l'ampleur des activités illicites de ce groupe. Cette opération policière souligne l'importance de la collaboration entre les services de police et la vigilance citoyenne dans la dénonciation des trafics de stupéfiants.



