Le sous-marin Titan a implosé près du Titanic : les secrets du naufrage historique
Titan implosé près du Titanic : secrets du naufrage

Le sous-marin Titan a probablement implosé lors de son expédition vers l'épave du Titanic

Les gardes-côtes américains ont confirmé jeudi la mort des cinq occupants du Titan, le submersible recherché depuis dimanche dans l'Atlantique nord, aux abords de l'épave du Titanic. Parmi les cinq membres de l'équipage, l'explorateur français Paul-Henri Nargeolet, grand spécialiste du naufrage du paquebot, auquel James Cameron a rendu hommage. Ce dernier s'est dit frappé par la similitude entre ce drame et celui du Titanic, survenus au même endroit à plus d'un siècle d'intervalle. Le cinéaste, dont on fête en 2023 les 25 ans du film culte Titanic, a dénoncé les avertissements ignorés concernant la sécurité du submersible comme celle du paquebot, dont le naufrage est certainement celui qui a le plus marqué l'histoire de la navigation maritime et la mémoire collective.

Cent onze ans après, l'enquête continue sur le Titanic

Le Titanic avait la réputation d'être insubmersible. Il y a 111 ans, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, alors qu'il faisait route vers l'Amérique, le Titanic heurtait un iceberg au large de Terre-Neuve. Deux heures et dix minutes après la collision, le gigantesque paquebot sombrait, emportant avec lui 1 500 de ses 2 200 passagers. Doté d'une technologie inégalée pour son époque, le transatlantique de la White Star Line qui a coulé dans les eaux glaciales de l'océan Atlantique Nord, dès son voyage inaugural entre Southampton et New York, était à l'époque le plus grand au monde. Un siècle et onze années plus tard, des questions se posent toujours sur le déroulé de l'accident et l'enquête continue. Comment, notamment, l'équipage a-t-il pu être surpris par un bloc de glace de 30 mètres de haut, alors qu'en passerelle la vue porte à 15 km et qu'il n'y avait pas de brouillard ce soir-là ? Voici trois éléments d'enquête à connaître.

Les vigies n'avaient pas de jumelles

Nous sommes quelques heures avant le départ du transatlantique, dans le port de Southampton en Angleterre. Le deuxième officier, David Blair, est remplacé par Henry Wilde, jugé plus chevronné pour naviguer sur un paquebot aussi gigantesque. Cette décision va avoir des conséquences tragiques. Dans sa précipitation à quitter le Titanic, David Blair a oublié de donner à son remplaçant la clé du coffre où se trouvaient les jumelles utilisées par les vigies. En 1912, il n'y a pas encore de sonars, on s'en remettait donc à leurs yeux. Sans jumelles, les vigies ont aperçu trop tard l'iceberg de 17 mètres de haut qui a percuté le Titanic. La fameuse clé a d'ailleurs été vendue 120 000 euros en 2007 au profit des sauveteurs en mer britanniques.

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Les hublots étaient restés ouverts

Lorsque le paquebot a heurté l'iceberg, à 23 heures 40, le 14 avril 1912, de nombreuses personnes étaient dans leur cabine. Alertés ou réveillés par le choc monstrueux, les passagers ont presque tous ouvert leur hublot, pour voir ce qu'il se passait. Puis, ils se sont dirigés vers le pont du bateau à toute vitesse, laissant plus d'une centaine de hublots ouverts. D'après des spécialistes, il suffisait que 12 hublots soient restés ouverts pour multiplier par deux la vitesse du naufrage. Si ça n'avait pas été le cas, le Carpathia, le bateau qui est venu secourir les rescapés entassés dans des canots de sauvetage en nombre insuffisant, aurait probablement eu le temps d'arriver avant que le Titanic ne coule totalement.

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La météo était anormalement douce et un mirage a créé un faux horizon

De leur côté, les documentalistes de Météo-France ont mené l'enquête et fouillé dans leurs archives pour en savoir plus. En revisitant les données atmosphériques et océaniques de l'époque, ces spécialistes ont découvert que les conditions météo étaient inhabituelles pour la saison. Ce printemps-là, il faisait déjà anormalement doux. La fonte de la banquise était arrivée très tôt et les icebergs avaient dérivé beaucoup plus tôt que prévu vers le sud. Par ailleurs, cette nuit-là, un vaste anticyclone était centré sur Terre-Neuve. La météo était calme. Il n'y avait pas de brume, ni de vent, ni de vagues et l'équipage du Titanic pourrait en effet avoir été victime d'une illusion d'optique liée à la réfraction de la lumière : la brume de fée. Il s'agit d'une superposition de mirages qui s'observe en région polaire, et qui crée une espèce de couche d'une hauteur de 30 mètres dans lesquelles on ne voit rien, sauf du brouillard. Peut-être est-ce pour cela, que depuis la passerelle à 23 mètres au-dessus de l'eau, le capitaine du Titanic qui, en outre naviguait beaucoup trop vite, à plus de 40 km/h, n'aurait jamais pu voir l'iceberg à temps pour l'éviter.