La Poste suisse critiquée pour un timbre Giacometti créé par une artiste condamnée
Timbre Giacometti : La Poste suisse face à une polémique

Une polémique éclate autour du timbre commémoratif d'Alberto Giacometti

À l'occasion du 125e anniversaire de la naissance du sculpteur Alberto Giacometti, La Poste suisse a lancé ce jeudi un timbre spécial en son honneur, représentant l'œuvre emblématique « L'Homme qui marche ». Cependant, cette initiative a rapidement été éclipsée par une controverse majeure concernant le choix de la créatrice.

Une artiste allemande au lourd passé judiciaire

Selon le média local Blick, La Poste a confié la conception de ce timbre à une artiste allemande qui a été reconnue coupable d'escroquerie commerciale par le Tribunal fédéral suisse en janvier dernier. La justice lui a infligé une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu'une interdiction de territoire de cinq ans.

Les faits reprochés sont particulièrement graves :

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  • Elle a détourné des fonds appartenant à un membre de la famille royale de Bahreïn.
  • Elle a rencontré sa victime lors du Forum économique mondial de 2016, où une relation d'affaires et amicale s'est nouée.
  • Elle était chargée de réserver des hôtels, des vols et des repas pour le prince, disposant de sa carte de crédit.

Des dépenses personnelles extravagantes

L'artiste a utilisé cette carte de crédit pour effectuer pas moins de 1 600 transactions entre le 22 mars 2018 et le 25 août 2020, pour un montant total estimé à 770 000 euros. Ces dépenses personnelles comprenaient :

  1. Des meubles de grande valeur
  2. De l'alcool haut de gamme
  3. Des vêtements de luxe
  4. Des billets d'avion pour des voyages personnels

Face au tribunal, l'artiste a reconnu les faits tout en justifiant ses actes par son « droit à une vie de luxe ». Il est important de noter qu'elle avait déjà été condamnée par le passé pour des délits similaires, ce qui aggrave son cas.

La réaction tardive de La Poste suisse

Confrontée à cette polémique croissante, La Poste suisse a finalement réagi en affirmant :

  • Ne pas avoir été au courant de la condamnation de l'artiste au moment de lui confier le projet
  • Qu'aucun contrat formel ne liait l'entreprise à la créatrice

Ces explications n'ont pas suffi à calmer les critiques, d'autant que le timbre a déjà été lancé officiellement. L'incident soulève des questions sur les procédures de sélection des artistes par les institutions publiques et sur la diligence raisonnable exercée dans le choix des collaborateurs.

La famille royale de Bahreïn a porté plainte contre l'artiste, marquant ainsi le début d'une affaire judiciaire complexe qui continue de faire des vagues bien au-delà des frontières suisses. Cette situation embarrassante pour La Poste suisse montre comment un projet culturel commémoratif peut rapidement se transformer en crise de communication et en questionnement éthique.

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