Tempête Nils : une tragédie évitable dans les Landes
Les conséquences de la tempête hivernale Nils, qui a frappé dans la nuit du 11 au 12 février 2026, continuent de se faire sentir douloureusement dans le département des Landes. Alors que les vents violents et les intempéries ont causé d'importants dégâts matériels, c'est une menace plus insidieuse qui a provoqué le drame le plus grave.
Un bilan humain alarmant
Depuis le vendredi 13 février, les services de secours ont été mobilisés à de multiples reprises pour intervenir auprès de personnes intoxiquées au monoxyde de carbone. Cette intoxication massive trouve son origine dans l'utilisation inappropriée de groupes électrogènes par des habitants privés d'électricité suite à la tempête.
Le samedi 14 février, la situation a atteint son paroxysme avec le décès d'un homme de 56 ans à son domicile de Sarbazan. Son épouse l'a découvert sans vie sur leur canapé. Elle-même gravement intoxiquée, elle a dû être évacuée en urgence vers Bordeaux pour y recevoir des soins spécialisés. Son état s'est depuis stabilisé et elle n'est plus en danger vital.
La nuit précédant ce drame, les pompiers avaient déjà secouru quatre personnes à Habas, toutes victimes d'intoxication au monoxyde de carbone dans des circonstances similaires. À l'exception du quinquagénaire de Sarbazan, toutes les personnes prises en charge par les secours sont désormais hors de danger.
Un appel urgent à la prudence
Face à cette série d'accidents, Gilles Clavreul, le préfet des Landes, a lancé un appel pressant à la vigilance ce lundi 16 février. Il alerte spécifiquement sur les dangers liés à l'utilisation des groupes électrogènes en intérieur, pratique qui s'est malheureusement répandue après les coupures de courant causées par la tempête.
Les autorités rappellent avec insistance les règles de sécurité élémentaires : les groupes électrogènes doivent impérativement être installés à l'extérieur des bâtiments, à distance suffisante des ouvertures (portes, fenêtres, bouches d'aération). La préfecture souligne également qu'il ne faut jamais obstruer les grilles de ventilation, ce qui pourrait favoriser l'accumulation de gaz toxiques.
En cas de suspicion d'intoxication au monoxyde de carbone, qui se manifeste par des maux de tête, des nausées, des vertiges ou une grande fatigue, il est crucial d'agir immédiatement :
- Aérer largement les locaux en ouvrant toutes les portes et fenêtres
- Évacuer les personnes présentes
- Appeler sans délai le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers)
Cette série d'incidents tragiques rappelle combien les mesures de sécurité les plus basiques peuvent sauver des vies, particulièrement dans des contextes de crise où la précipitation et le désarroi peuvent conduire à des comportements à risque.



