Le parquet de Bordeaux a acté, ce mercredi 20 mai, le renvoi devant le tribunal de deux des trois supporters des North Gate placés en garde à vue lundi. Ces deux hommes, âgés de 34 et 22 ans, sont accusés de s'être lancés à la poursuite d'une femme à vive allure sur la rocade bordelaise. Un magistrat leur a remis une convocation devant le tribunal, où ils seront jugés pour violence avec armes (leurs véhicules) et mise en danger de la vie d'autrui. Parmi eux figure l'un des leaders du kop, un habitant d'Audenge. La garde à vue du troisième homme interpellé a été levée.
Nuit de violences
Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 janvier dernier. Une soirée de tensions comme les deux clubs de supporters n'en avaient plus connu depuis 2024. Ce soir-là, les North Gate et les Ultramarines revenaient d'un match à Granville (Manche). Leurs bus se sont croisés sur une aire de repos, et des provocations ont réenclenché un cycle de violences. Peu après, un supporter des Ultramarines a été passé à tabac devant chez lui, à Cenon. Trois autres membres des North Gate doivent être rejugés en appel pour ces violences aggravées.
La course-poursuite
La même nuit, une supportrice se rendait chez son fils, membre des Ultramarines. En arrivant sur le parking, à Villenave-d'Ornon, elle a reconnu plusieurs North Gate dans deux véhicules en stationnement. Selon elle, l'un d'eux est descendu pour la menacer avec une ceinture, précipitant sa fuite. Son plus jeune fils se trouvait dans la voiture. Une course à vive allure s'est engagée sur la rocade. Ses poursuivants lui ont adressé des appels de phares, mais ont fini par renoncer.
Enquête et suite judiciaire
L'épisode est resté dans l'ombre jusqu'au dépôt d'une plainte, le 14 février. Elle a déclenché l'ouverture d'une enquête distincte du tabassage commis la même nuit. Les enquêteurs de la Division de la criminalité territoriale (DCT) se sont notamment appuyés sur les données téléphoniques et le système vidéo de la rocade pour remonter jusqu'aux mis en cause. En garde à vue, ils ont nié les faits, expliquant avoir été présents sur le parking pour avoir une discussion avec le fils de la victime. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur jugement.



