Un drame révélateur des dangers des réseaux sociaux
Le 17 février dernier, dans le XIXe arrondissement de Paris, une jeune femme de 20 ans, Houleymata Sissoko, a été retrouvée morte dans sa chambre au foyer des jeunes travailleurs de la rue Cesária-Évora. L'alerte a été donnée par des employés d'une entreprise de désinsectisation qui intervenaient sur place. Sur la table, une petite quantité de poudre blanche a été découverte. L'autopsie a confirmé qu'elle était décédée d'une surdose de cocaïne.
Des conversations glaçantes sur Snapchat
L'enquête menée par la brigade des stupéfiants a révélé que la jeune femme avait utilisé Snapchat pour demander des conseils sur la manière de mettre fin à ses jours. Elle s'interrogeait sur les produits à utiliser, les quantités nécessaires, et si quelqu'un pouvait lui en vendre. Certains de ses interlocuteurs lui ont suggéré la cocaïne, avec des réponses ponctuées de "MDR".
Me Selim Mamlouk, avocat de la défense, a exprimé son indignation : "Cette affaire confirme toute la détestation profonde que j'ai pour les réseaux sociaux. C'est une jeune fille en détresse qui cherche à se suicider, et ses interlocuteurs évoquent la prise de cocaïne et d'arsenic avec des ponctuations telles que MDR. Quel exemple lamentable que celui de ces gens qui vivent dans ce monde virtuel !"
Le dealer présumé mis en examen
Un homme de 31 ans, identifié comme Reda, a été mis en examen le 7 mai pour trafic de stupéfiants et homicide involontaire, puis écroué. Il est soupçonné d'avoir vendu les doses mortelles de cocaïne à Houleymata. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de cette vente et identifier d'éventuels complices.
Ce drame soulève une fois de plus la question de la responsabilité des réseaux sociaux face à la détresse psychologique des jeunes et de la facilité avec laquelle ils peuvent obtenir des substances dangereuses.



