Suicide d'une enseignante harcelée : sa veuve témoigne du drame homophobe
Suicide d'une enseignante harcelée : sa veuve témoigne

Le drame d'une enseignante harcelée pour son homosexualité

Le 1er septembre 2025, Caroline Grandjean, directrice d'école et enseignante passionnée, s'est donné la mort en se jetant d'une falaise près d'Anglards-de-Salers, dans le Cantal. Ce geste tragique est intervenu après des mois de harcèlement et d'injures homophobes dont elle était victime dans le cadre professionnel. Quelques jours après ce drame survenu le jour de la rentrée scolaire, son épouse, Christine Paccoud, a accepté de témoigner au journal télévisé de France 2, brisant le silence pour dénoncer les circonstances de cette mort.

"On s'aimait comme des dingues" : le témoignage déchirant de la veuve

Mariée depuis dix ans avec Caroline Grandjean, Christine Paccoud livre un témoignage bouleversant sur leur relation et sur les souffrances endurées par son épouse. "On s'aimait comme des dingues, elle est plus là…", confie-t-elle, visiblement émue, aux journalistes. Elle décrit Caroline comme "une enseignante passionnée" qui savait "créer un climat de confiance" avec ses élèves, soulignant que "le problème, il vient de l'extérieur".

Christine Paccoud révèle ensuite la nature du harcèlement homophobe subi par son épouse avant son suicide. "Ça a commencé par 'sale gouine' et un tag sous le préau qui était grave dans une école : 'gouine = pédophile'. Je lui ai dit : 'Fais attention !'", raconte-t-elle. La veuve dénonce également l'inaction de la hiérarchie scolaire face à cette situation : "La hiérarchie n'a pas compris la souffrance de Caroline. Je me suis battue pour ne pas qu'elle y retourne [à l'école]. Parce qu'elle voulait revenir à Moussages. Elle voulait continuer, parce qu'elle n'a rien fait. Et moi, je ne veux pas qu'elle soit partie pour rien…"

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Une enquête classée sans suite et des réactions institutionnelles

Malgré la gravité des faits, l'enquête ouverte en 2024 pour "injure publique commise en raison de l'orientation sexuelle" et "menace de mort commise en raison de l'orientation sexuelle" a été classée sans suite, comme le rapporte France Bleu. L'auteur du harcèlement n'a pas été identifié par les forces de l'ordre à ce jour.

Face à ce drame, la ministre de l'Éducation, Élisabeth Borne, a saisi l'inspection générale de l'Éducation nationale afin de "faire la lumière sur la mort de Carole Grandjean". Cette décision intervient alors que Christine Paccoud a porté plainte pour harcèlement contre l'Éducation nationale et le maire de la ville, marquant une volonté de poursuivre le combat pour la vérité et la justice.

Ce tragique événement met en lumière les défis persistants de la lutte contre l'homophobie dans le milieu scolaire et l'importance d'une prise en charge sérieuse des signalements de harcèlement. Le témoignage poignant de Christine Paccoud rappelle le coût humain de l'inaction face à de telles situations et appelle à une réflexion profonde sur les mécanismes de protection des enseignants et des personnels éducatifs.

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