Suicide de Camélia, 17 ans : la plainte pour harcèlement scolaire classée sans suite
Ce lundi 9 février 2026, le procureur de la République de Meaux, en Seine-et-Marne, a rendu public le classement sans suite de l'enquête concernant la plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia. Cette lycéenne de 17 ans s'est suicidée le 13 janvier dernier à Mitry-Mory, plongeant sa famille et la communauté éducative dans le deuil.
Une décision justifiée par l'absence d'éléments suffisants
Dans une déclaration officielle, le procureur Jean-Baptiste Bladier a expliqué les raisons de cette décision. "Au terme des investigations approfondies, je suis amené à considérer qu'il n'existe pas d'élément suffisant pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia", a-t-il affirmé. Cette conclusion met un terme, du moins sur le plan judiciaire, aux démarches entreprises par les proches de l'adolescente pour établir les circonstances ayant conduit à son geste tragique.
Rappel des faits : les derniers moments de Camélia
Camélia, élève dans un lycée de Seine-et-Marne, a mis fin à ses jours le mardi 13 janvier 2026 en gare de Mitry-Mory. Selon les témoignages de sa famille, la jeune fille subissait du harcèlement scolaire depuis le mois de décembre précédent. Le jour même de son suicide, elle avait été convoquée par le chef de son établissement pour un entretien disciplinaire.
Les échanges de messages avec sa mère, révélés par Le Parisien, éclairent les derniers instants de l'adolescente :
- Vers 16h30, Camélia envoie un SMS : "Ils ont dit que c'est moi la fautive et que j'aurai une sanction disciplinaire. Je t'aime de tout mon cœur. Je suis en cours, je te rappelle après".
- Une dizaine de minutes plus tard, un nouveau message arrive : "Il a dit que je me victimise".
- Trois minutes après, un dernier texto, accompagné de deux émojis en forme de cœur : "En tout cas, je t'aime et t'es la meilleure maman du monde".
Immédiatement après ces échanges, Camélia a quitté précipitamment son cours pour se rendre à la gare de Mitry-Mory. Elle s'est ensuite allongée sur les voies ferrées, où elle a été percutée par un train RER, mettant fin à sa vie.
Un contexte familial et scolaire douloureux
La famille de Camélia avait exprimé sa profonde détresse et son incompréhension face aux événements. Ils estimaient que la direction de l'établissement n'avait pas pris les mesures appropriées pour protéger l'adolescente, malgré les signalements de harcèlement. Cette affaire a suscité une vive émotion dans la région, avec notamment un rassemblement de plus de 2 000 personnes devant le lycée de Camélia pour lui rendre un dernier hommage et organiser une marche blanche.
Le classement sans suite de la plainte ne clôt cependant pas le débat sur la prévention du harcèlement scolaire et la responsabilité des institutions éducatives. Il soulève des questions cruciales sur les mécanismes de protection des élèves et les limites de l'intervention judiciaire dans des cas aussi complexes et douloureux.



