Le drame de Camélia, 17 ans, victime de harcèlement scolaire
Camélia, une adolescente de 17 ans, s'est suicidée le mardi 13 janvier 2026 en se faisant percuter par un RER après s'être allongée sur les rails en gare de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Ce geste tragique survient après deux mois de harcèlement scolaire persistant, malgré les alertes répétées de sa famille auprès de l'établissement où elle étudiait.
L'accusation de l'oncle Salim contre la direction
Salim, l'oncle de Camélia avec qui elle était très proche, s'est confié dans la presse pour accabler la direction du lycée. Il affirme que la famille "avait une confiance totale" en l'établissement, mais que cette confiance a été trahie par l'inaction face au harcèlement. "Camélia ne s'est pas donné la mort, pour moi. C'est eux qui lui ont donné", déclare-t-il avec émotion.
Le harcèlement a commencé en décembre et s'est poursuivi après la rentrée scolaire de janvier, malgré la convocation des harceleurs présumés par la direction. Selon Salim, Camélia était victime de moqueries sur son attitude et son physique, ce qui a généré chez elle une peur croissante et un besoin d'aide.
Les courriers d'alerte et la convocation fatale
La mère de Camélia, avec l'aide de Salim, a envoyé plusieurs courriers pour alerter les enseignants. Un premier en décembre, puis un second en janvier, mais le harcèlement ne faiblissait pas. Le 12 janvier, Camélia est convoquée par le proviseur, puis à nouveau le 13 janvier, cette fois sans que la famille en soit prévenue.
"En sortant, Camélia écrit : Il a dit que j'aurai une sanction disciplinaire, que je me victimise", rapporte Salim. Le proviseur aurait reproché à l'adolescente de se victimiser, selon les informations du procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier. Cette rencontre a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Les conséquences et les actions en justice
Quelques heures après cette convocation, Camélia met fin à ses jours. Salim, ulcéré, "n'arrive pas à comprendre qu'on laisse encore en poste le proviseur". La famille a déposé plainte contre le chef d'établissement et contre les harceleurs présumés.
Une marche blanche est organisée le 25 janvier pour réclamer justice de manière pacifiste et unie, sans esprit de revanche, afin de ne pas oublier Camélia. Salim insiste sur l'importance de ne pas passer à autre chose.
Les enquêtes en cours
Plusieurs enquêtes ont été ouvertes à la suite de ce drame :
- Une enquête administrative confiée à l'inspection générale de l'Éducation nationale, du sport et de la recherche.
- Deux enquêtes judiciaires par le parquet de Meaux : l'une pour déterminer les causes précises du décès, l'autre sur la question du harcèlement scolaire.
Ce tragique événement soulève des questions cruciales sur la responsabilité des établissements scolaires face au harcèlement et sur les mécanismes de protection des élèves vulnérables.



