Une mobilisation massive pour les sinistrés de Coussan
Ce lundi 23 février, plus de quarante volontaires se sont rassemblés à Coussan pour venir en aide aux habitants touchés par les inondations. Leur mission : nettoyer les intérieurs dévastés et évacuer les biens endommagés par les eaux. Cet élan de solidarité a été grandement apprécié par les riverains, profondément marqués par cet événement climatique.
Le grand nettoyage en cours
Dès le retrait de la crue dans la plaine de Coussan, les opérations de nettoyage ont commencé. Cependant, le travail s'annonce long et fastidieux pour remettre en état le quartier marmandais. Kevin Lustenberger, employé municipal aux espaces verts, estime que cela prendra au moins une semaine et demie. Il pilote ce vaste chantier, auquel participent également des élus de la majorité.
« On a fait du porte à porte ce week-end pour demander aux gens ce dont ils avaient besoin », explique le fonctionnaire. Une équipe de cinq bénévoles de la Croix-Rouge, dont quatre venus spécialement de Pau dans le cadre de l'opération Coup de main coup de cœur, est venue prêter main-forte. Raclettes et balais en main, le groupe, divisé en escouades, est passé de maison en maison, offrant aide et mots de soutien.
Des dégâts considérables et un impact psychologique
« Ça fait plaisir à voir toute cette solidarité », s'émeut Daniel Picaud à l'arrivée des volontaires. Comme beaucoup d'habitants du hameau, ce septuagénaire et son frère Jean-Pierre avaient déjà commencé à se débarrasser du limon la veille. Dans leur maison familiale, située au pied de la digue, une odeur de vase persiste et une fine couche de boue tapisse le sol.
Malgré les températures extérieures avoisinant les 10 degrés, toutes les fenêtres sont ouvertes pour accélérer le séchage. Daniel Picaud évalue qu'il lui faudra au moins deux mois pour que sa maison redevienne habitable, probablement pas avant cet été. Il a trouvé refuge chez une amie en ville en attendant.
Le couple Martine Ducros et Tony Capeleaud, voisins des frères Picaud, partagent cette détresse. « Psychologiquement, on en a pris un coup. Tout est abîmé, tout est à refaire », confient-ils. Avec l'aide des volontaires, ils remplissent une remorque de végétaux et de matériel de motoculture endommagé.
Des habitations gravement touchées
Les camions vont et viennent dans les rues du quartier, certaines encore inondées, transportant des bennes pleines d'ustensiles de cuisine, d'électroménager et de meubles inutilisables. Benoît André et Illan Fajardo, un couple évacué par les pompiers, ont retrouvé leur maison ce dimanche. La véranda a été submergée par 1,2 mètre d'eau, avec 60 centimètres dans les chambres et 40 cm dans l'entrée pendant plusieurs jours.
« On a plus de dégâts qu'en 2021 », témoigne Martine Ducros. Tony Capeleaud, qui habite la demeure depuis 1993 avec sa compagne, envisage sérieusement de quitter les lieux. « On ne veut plus revivre ça », soupire-t-il.
Repartir de zéro
Benoît André et Illan Fajardo, dont l'ancienne ferme a subi sept ans de rénovations et deux inondations majeures, doivent également tout recommencer. Le parquet PVC tout juste posé doit être entièrement repris, la cuisine en bois flambant neuve est complètement gondolée, et les lambris ainsi que le placo sont à jeter.
« Je me demande si j'ai encore de l'énergie à remettre dans tout ça », souffle Illan Fajardo. Les deux Coussanais ont récuré la maison de fond en comble pendant trois jours, de 5 heures du matin à 20 heures, utilisant beaucoup d'eau de Javel. À l'extérieur, ils ont rassemblé les plastiques et branchages laissés par la crue à côté d'un tas d'affaires à jeter.
Une deuxième phase de nettoyage est prévue dans quelques semaines, une fois que les pertes auront été constatées par l'assurance. La crue est donc encore loin d'être du passé pour les habitants de Coussan.
L'eau potable rassurante
Malgré les inquiétudes des consommateurs, les services de Val de Garonne Agglomération, responsables de la gestion et du contrôle du réseau d'eau, rassurent la population. L'eau du robinet est 100 % potable et peut être consommée en toute sécurité, aucun problème de qualité n'ayant été constaté malgré les épisodes climatiques récents.



