Le jeudi 23 avril, le tribunal judiciaire de Saintes a rendu son verdict dans une affaire d'agressions sexuelles impliquant un homme de 69 ans, résidant dans le Pays royannais. Le prévenu a été reconnu coupable d'agressions sur deux jeunes filles, membres de la famille de son épouse, et condamné à douze mois de prison avec sursis, assortis d'une inscription au fichier des délinquants sexuels (Fijais). Le ministère public avait requis dix-huit mois.
Des faits s'étalant sur plusieurs années
Le sexagénaire devait répondre d'agressions commises sur sa petite-nièce par alliance, à l'été 2021, et sur sa nièce par alliance, entre 2007 et 2008. C'est la première victime, aujourd'hui âgée de 15 ans, qui a dénoncé les faits en 2024 en se rendant à la gendarmerie de Saint-Porchaire.
Le récit de la première victime
Durant l'été 2021, alors qu'elle se trouvait chez sa grand-tante et le mari de celle-ci, l'homme, passionné de batterie depuis l'âge de 15 ans, l'a invitée dans sa remise pour lui montrer son instrument. Assise sur ses genoux, elle a déclaré qu'il lui avait touché la poitrine, caressé les cuisses, les bras et le ventre. « Elle savait que ce n'était pas bien, mais elle a eu peur qu'il se passe quelque chose de pire. Elle a prétexté l'envie d'aller aux toilettes pour s'échapper », a relaté le magistrat. En 2023, elle s'est confiée à sa mère, révélant des scarifications et des idées suicidaires.
L'écho chez une autre victime
Ces révélations ont fait écho chez la demi-sœur de sa mère. En 2007 ou 2008, alors âgée de 9 à 10 ans, elle se trouvait chez sa tante et son oncle à Saint-Georges-de-Didonne. Ce dernier l'a rejointe dans sa chambre, s'est assis à côté d'elle, lui a caressé le dos et passé le bout des doigts dans sa culotte. Pensant être seule, elle a tu cet épisode pendant plus de dix ans, jusqu'au témoignage de sa nièce.
Les déclarations du prévenu
À la barre, le sexagénaire a nié toute agression sexuelle : « Je ne suis pas un prédateur, ni un pervers. Effectivement, je suis quelqu'un de très tactile et visiblement, ça me porte préjudice. » Retraité depuis 2017, il est connu pour ses « blagues sexistes » et « un regard malsain ». Ses explications sont restées opaques et contradictoires. « Je leur demande pardon si je leur ai fait du mal », a-t-il déclaré. L'assesseure a alors interrogé : « En quoi pensez-vous que vous leur avez fait du mal ? Vous comprenez qu'elles interprètent une intention sexuelle ? » Il a répondu : « Je ne pensais pas que ça prendrait une ampleur telle. »
Un moment de fragilité
Le président Mehdi Zouabi a demandé : « Quand les gendarmes sont venus chez vous, vous saviez que c'était pour ces faits-là ? » L'homme, silencieux, a manqué de s'effondrer à la barre et a dû sortir prendre l'air. Il n'a pas entendu l'avocate de l'adolescente, Me Legwinski, dénoncer « le fort déni », sa « masculinité excessive à l'ancienne » et les traumatismes infligés à sa cliente, incapable de témoigner. Me Chusseau, avocat de la défense, a plaidé la relaxe, évoquant un doute sur la matérialité des faits. Condamné, le sexagénaire a décidé de ne pas faire appel.



