Ce jeudi, la presqu'île de Saint-Mandrier célèbre les 82 ans de sa Libération, un épisode décisif de la bataille de Toulon. Après huit jours de combats acharnés, la garnison allemande, forte d'environ 1 800 hommes, a capitulé dans la nuit du 27 au 28 août 1944. Cette reddition a marqué la chute du dernier bastion allemand de la rade et l'achèvement de la libération de la zone.
Un verrou stratégique sur la rade de Toulon
Depuis le débarquement de Provence du 15 août 1944, l'opération Dragoon progresse rapidement dans le Var. Après La Seyne, Toulon et Hyères, libérées au terme de combats intenses, l'espoir gagne Saint-Mandrier. Le 7e corps américain et la 1re Armée française avancent sur plusieurs axes, tandis que des dizaines de milliers de soldats, des blindés et des milliers de véhicules prennent pied en Provence. Mais, au sud de Toulon, un dernier verrou demeure : le cap Cépet, qui domine l'entrée de la rade et abrite de puissantes batteries allemandes.
La position stratégique du cap Cépet en fait l'un des principaux objectifs de la bataille. Depuis la mer, les bâtiments alliés concentrent leurs tirs sur les défenses côtières. Les croiseurs Montcalm et Georges Leygues, le cuirassé Lorraine, ainsi que plusieurs bâtiments français et alliés, participent à la réduction des batteries du cap Cépet, de Saint-Elme, de Fabrégas, de La Seyne, du cap Brun, de la Mitre, de Sainte-Marguerite et de Porquerolles. Parmi les pièces les plus redoutées figure le « Big One », dont la puissance et la portée en font l'un des objectifs majeurs de la flotte alliée. Les tirs navals se multiplient afin de neutraliser cette position qui commande l'accès à la rade.
La reddition après huit jours de combats
Sur terre, les forces françaises resserrent leur étau autour de Saint-Mandrier. La presqu'île est ravagée par les combats. Les défenses allemandes sont progressivement réduites et la situation de la garnison devient chaque heure plus difficile. Dans le village assiégé, les derniers défenseurs allemands comprennent que leur position est devenue intenable. Ils sont encore environ 1 800 hommes, placés sous les ordres du contre-amiral Heinrich Ruhfus.
Le 27 août, alors que Toulon est pratiquement libéré, Saint-Mandrier demeure le dernier bastion allemand de la rade. Des contacts sont alors établis avec le commandement français. Dans la soirée, les négociations s'engagent. Après huit jours de combats, le dernier verrou de Toulon est sur le point de tomber. Puis, dans la nuit du 27 au 28 août 1944, la garnison allemande accepte la reddition. À l'aube du 28 août, la capitulation devient effective.
Un hommage aux combattants et aux civils
La chute de Saint-Mandrier marque l'un des derniers épisodes de la bataille de Toulon et achève la libération de la rade. Ce jeudi, un programme de célébration sera l'occasion de rendre hommage aux combattants français, américains et alliés qui ont participé à la Libération de la Provence et de la presqu'île, ainsi qu'aux populations civiles qui vécurent ces journées dans l'attente, l'angoisse et l'espoir. Saint-Mandrier honorera ainsi celles et ceux qui ont contribué, par leur courage et parfois au prix de leur vie, au retour de la liberté.
Le programme de la journée comprend : à 17 h, un défilé des véhicules militaires anciens depuis Pin Rolland jusqu'au village ; à 17 h 45, une exposition des véhicules militaires anciens sur la place des Résistants ; à 18 h 25, un défilé du piquet d'honneur et des autorités depuis l'hôtel de ville vers le monument aux morts ; à 18 h 30, la cérémonie de la Libération ; à 19 h, un vin d'honneur offert par la municipalité place des Résistants, avec des grillades proposées par l'association des Fêtes Mandréanes ; et à 20 h 30, une ambiance guinguette avec le concert du groupe Cosmogoat (reprises pop-rock).



